Encore un titre n'ayant strictement rapport avec le corps du post. Et cette fois, c'est pas de la blague , je ne vais pas absolument pas faire du racolage de rupin à particule dans mon post, contrairement à ce que ce malheureux titre pourrait laisser penser. Mais pour l'instant vous ne pouvez pas bien vous rendre compte combien ce que je dis est vrai, vu que vous n'avez pas encore lu le post. D'ailleurs je ferais bien de me mettre à écrire un post qui ressemble à quelque chose, au lieu de faire comme d'habitude, c'est à dire produire un métapost de quinze lignes sur un post qui n'existe pour l'instant que dans mon cerveau. Ca fait introduction foireuse, dont le seul élément pertinent tient au fait que la foirosité des quinze premières lignes annonce la couleur de ce qui va suivre. Stop. Pause. Je n'ai pas relu ces lignes, y'a surement des tas de répétitions digoulasses , ça veut probablement dire que dalle, mais t'es gentil, il est plus de minuit, j'ai du sommeil en retard, j'ai un bac dans une semaine, alors tu la fermes, tu souris et tu dis merci (pour ça, tu peux l'ouvrir). Nan mais c'est vrai ça, je me décarcasse pour que t'aies quelque chose à lire avec ton café le matin, ou ton joint de minuit je sais pas ce que tu fais de ta vie moi, hein , et toi tout ce que tu trouves à dire, c'est qu'il y a exactement six occurences du mot "post" dans les six premières de ce post alors c'est bon quoi. Comme dirait Faf Larage (ouai, mon prof de philo cite Kierkegaard et Spinoza, et moi je cite Faf Larage. Je sais même pas si ça s'écrit comme ça en plus. La loose) : "j'ai pas l'teeeeemps, mon espriiiiit is ailleuuuuurs", alors tu lis et tu fais semblant d'apprécier. J'ai pas encore l'expérience necessaire pour te faire apprécier de la nazitude, mais après deux ans de prépa, je ferais acheter des frigos à des Inuits. Patience. Simuler, tu sais faire je pense. Pauvre petit. Allez maintenant ça c'est le vrai post. Paskeuh sérieux, je fais pas exeupré d'écrire quinze lignes nawakiennes. Des fois j'ai l'impression d'être possédée quand je me logge sur Canalblog. Bah les esprits aussi ont droit de vivre avec leur temps, faut pas être sectaire tu crois pas ? 'Fin bon, j'avais dit on fait le post, alors on fait le post. Donc tout ce qui se trouve en dessous de cette phrase constitue le vrai post .('Tain je viens de réaliser qu'en plus j'avais pas sauté de lignes, et que vous avez donc du vous farcir ce monolithe de connerie pour enfin arriver vrai post. Faut-y pas que vous m'aimiez pour endurer tant de souffrances...)
Je suis fatiguée je t'ai dit. Je le répète, on sait jamais, dès fois que tu aies pigé le système des prétéritions à la con et que tu passes direct au vrai post. Mardi j'ai passé mon option théâtre. Bilan assez mitigé, je dois dire. Sur scène, j'étais vraiment nulle à chier. La prof n'a pas voulu le dire tel quel mais j'ai bien senti que j'étais "pas dedans". Mais heureusement, l'entretien était gé-nial. Je crois que j'ai un talent de baratineuse qui ne se déclenche que lorque j'en ai vraiment hyper besoin. Attends, le jury a adoré mon dossier alors que je l'ai fait la veille ! Tu penses bien que j'allais pas le dire bah j'ai pris la première pièce que j'avais sous la main, et j'ai blablaté de quoi remplir 10 pages. Non, j'ai mitonné à mort, et c'est passé comme une lettre à la poste. Ils m'ont même demandé si je n'avais pas songé à faire une école de mise en scène ! Sérieux j'ai trop halluciné en entendant ça! EN plus ils étaient trop trop trop sympa ! C'est comme si tu étais interrogée par des Bisounours !Remarque je ferais mieux de pas crier victoire trop vite. On sait jamais ptètre que ce sont des vrais acteurs, du genre sadique, et que toute cette gentillesse n'était que feinte et qu'en fait ils pensent: arrête de nous ballader petite idiote, on a bien vu que t'a fait rien que de glander toute l'année. Et en plus tu nous prends pour des poires. 5 sur ta face ! Pas que ça m'importe énormément, notez. Le théâtre était chouette toute l'année, et puis ce n'est qu'une option. Mais quand même, je me suis plutôt pas mal investie, et en général,j'aime bien que mes investissements ne partent pas en fumée. En plus ma mère l'aurait trouvé mauvaise si j'avais 5, vu toutes les fois où je l'ai enrollé pour me voiturer jusqu'à Meknes-la-Pustule. Enfin a priori ça ne sera pas le cas.
Il faut aussi ajouter que c'était ma seule option. Je m'étais inscrite pour l'escalade mais comme ça fait trois ans que j'en ai pas fait sérieusement, je trouve ça idiot d'aller griller une des rares journées de révision avant monseigneur le Bac (Fuck. Mon intro n'a plus de sens, puisque je viens de trouver un sens au titre) pour ramener zéro point en plus. Le grand problème , c'est que j'ai peur que ne pas me présenter à l'épreuve ne me vaille un autre zéro, mais celui-ci éliminatoire. Ce serait con, quand même. M'enfin mon prof de sport m'a assuré que il n'y avait pas de souci. Mais mon éternelle angoissée de mère ne me fais pas confiance, alors elle a téléphoné au lycée pour vérifier, et bien sûr, cette bande de connards de l'administration (y'en a pas un pour racheter l'autre!) lui a dit que je devais ABSOLUMENT aller à l'option . Et maintenant elle me saoule avec ses "si tu as des problèmes, tu assumes". Mais ouiiiii, j'assume maman, vu qu'il n'y aura pas de problème. En tout cas y'a intérêt. Sinon je flingue Mr Serra.
Ah ouai ! Et le jour même du théâtre,j'ai reçu une autre excellente nouvelle ! Je suis prise à la Maison des Lycéennes ! Ouai ouai, le super foyer à deux pas de Normale Sup (pour le nom), d'une piscine (pour le sport) et d'un Franprix (pour la tambouille). C'est pas merveilleux ? Hum ? Hahahaha, je suis trop heureuse ! J'aurais pas à crécher dans un Barbes en miniature !J'aurais pas à prendre le métro pour aller en cours ! Nan parce que dans le métro, c'est pathologique, les gens, soit y font la djeule, soit ils regardent leurs pieds, soit l'autocollant avec le petit lapin qui se fait pincer les doigts. Y'en a aussi, ils font semblant de lire Le Monde, m'en fait ils font ça pour pas regarder le punk à crête de coq qui s'est posé devant eux. Bref. Pour l'instant mon adresse à Paris, à condition toujours que j'aie le bac c'est: Maison des Lycéennes, 5 rue Amyot Paris 75005. Ca en jette non ? En tout cas c'est mieux que rue Ibn tartempion, Fes-la-Moche.
Sans transition, cette semaine a été celle des dernières fois. Derniers cours, dernier repas à la cantoche, dernière nuit à l'internat, dernière endjeulade avec le mec de la loge (Ouah allez putain, sois sympa, on va JUSTE acheter un truc chez pistache!) . Bizarrement, jusqu'à aujourd'hui, j'ai pas versé une larme. C'est marrant, d'habitude la dernière semaine, je me transforme en pleureuse professionnelle. Mais là non, alors que cette fois, c'est vraiment un vrai départ, un départ sans retour. En fait, je crois que personne ne réalisait bien que tout ce que nous vivions ne reviendrai plus jamais. En tout cas jusqu'à ce matin. On est rentrés pour notre dernier cours d'arabe, et là on avait tous les larmes aux yeux. Le prof nous a serrés dans ses bras, nous a dit qu'on lui manquerait et combien ç'avait été un plaisir de nous avoir comme élèves. C'était trop touchant. Mais l'aprème, c'était encore pire. On a dit au revoir à Mr Razali, un prof qui nous a depuis 3 ans. Il a commencé à pleurer et là, personne n'a pu retenir ses larmes. C'était vraiment les grandes eaux. On l'a serré dans nos bras, il a dit que nous étions comme ses enfants, 'fin sans verser dans le mélo, c'était vraiment bouleversant.Au coeur de ce tourbillon de premières fois, une nouveauté : notre première exclusion de cours. C'était en physique. Bon on est des gamines, on est des gamines, faut assumer . Désolé mais moi, "excité" et "mécanique quantique" dit avec l'accent perpignanais, ça me fait marrer. Faut bien rigoler, bientôt on en aura pas trop l'occasion, avec l'ogre de Bar-BAC (ouaou ouaou ouaou, celle là elle est sortie toute seule !!!) qui approche à grands pas.
Adieu mon Paul Va chéri ! Je t'ai aimé, je t'aime et je t'aimerais pour toujours ! (sauf si je rempile)
Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs !
Chers lecteurs, nous sommes aujourd'hui vendredi, ce jour surprenant qui suit jeudi tout en précèdant samedi. Cette caractéristique hautement remarquable n'aura surement pas échappé à votre perspicacité confondante.Par ailleurs, à moins d'être idiots, et seuls quelques uns d'entre vous le sont désespéremment, vous aurez remarqué que je ne bloggue-sauf rares exceptions- que ce jour là et heureusement, diront les plus mauvaises langues. Mais je m'égare. Nous sommes un vendredi d'un genre bien particulier : un vendredi portant l'estampille maudite du diable, ou alors celle marquée par la grâce de Godot, on ne sait plus très bien de nos jours. En tout cas un vendredi exceptionnel.Et bien, avec mon sens aigu du grandiose, je me suis dit qu'une telle rareté devait être fêtée en grande pompe, aussi ai-je concocté ce post, véritable merveille fabuleusement ininteressante et fantastiquement triviale.
Mais avant, une brève chronique des évènements insolites dont mon pays est le théâtre .Cette semaine, dans une obscure petite bourgade de nom de Mrirt, située dans le...euh... quelque part sur le territoire marocain a eu lieu la première peine prononcée pour un crime pas encore commis. Je m'explique. Ce qui s'est passé ressemble un peu à un remake déglamorisé de Minority Report :un jeune type à la peau huileuse, un peu crétin sur les bords, rêve que son voisin, trousseur de jupons invétéré, prend sauvagement sa maman (celle de l'échalas à frire) sur le carrelage de la cuisine. Une fois tiré de cette effroyable cauchemard, le jeune homme, paniqué et convaincu que sa vision est une prémonition, se lave le visage, s'habille pour aller au lycée,petit-déjeune de bon coeur, embrasse sa mère, et va tranquillement trucider son voisin d'un coup de poignard. Interrogé par la police déroutée,le jeune homme : "c'était de la légitime défense, il aurait violé ma mère, ce fils de chacal".Que répondre ? C'est flippant quand on y réfléchit. Imaginez que votre facteur, votre épicier, ou même votre meilleur ami rêve de vous commettant un crime. Il aurait alors toute légitimité pour vous occire sans rendre de compte à personne. Le procès du jeune visionnaire est en cours... Il y a aussi ce fait divers assez glauque qui s'est déroulé il n'y a pas longtemps à Meknes-la-Pustule, une ville décidemment plus trouble que sa façade déglinguée ne le laisse penser. Un avocat et sa femme se sont fait assassiner d'une manière digne de Hannibal le Cannibale :passés au hachoir à viande, réduits en kefta la jurisprudence, les objections, les votre Honneur, les effets de manche et tout le bazar. Je vais plus sortir du lycée moi, pas envie de me retrouver dans le sandwich d'un quidam parce que j'aurais croisé le chemin du Tueur à la tronçonneuse.
Mais vous le savez tous, il y a différentes façon de mourir. Rater son bac en est une, et certainement l'une des plus douloureuses. (Applaudissez à deux mains cette transition périlleuse accomplie avec brio) Apparament, tout le corps professoral s'accorde (ce qui est déjà en soi un évènement rarissime) à dire que nous sommes une bande de feignasses, et chacun à sa manière essaye d'être la pince à épiler magique qui nous otera ce monstrueux poil dans la main qui nous transforme en créatures hybrides,99%Popop-1%humain. Certains comme le prof de maths, jouent la carte du coach. Ca donne un truc genre "Le bac y se joue MAINTENANT! c'est pas le moment de se relâcher les TéSune, là ! C'est la dernière ligne droite, faut se donner à fond là !".Sérieux, il me fout les jetons. Il nous raconte les histoires de ses anciens élèves qui lui demandaient des tuyaux pour pas dormir et avoir de l'énergie, il nous exhorte à nous éxercer sur des annales à chaque heure de permanance, toussa. Ca me met plus mal à l'aise qu'autre chose, sachant que je ne fais plus rien depuis on va dire le bac blanc, soit quelque chose comme un mois et demie... Et s'il voyait ce à quoi j'occupe mes heures de permanence, il aurait une crise cardiaque. Tu as aussi le cas, plus rare, des profs qui sont eux aussi d'incorrigibles flemmards . Le genre à banaliser deux heures alors qu'on ne finira jamais le programme ou à te renvoyer à tes cours de première alors que tes cours de première, ils doivent maintenant servir de litière à une colonnie de rats dans une décharge publique, ou dans le meilleur des cas, de cornets à pépites chez le vendeur de fruits secs du coin. Le genre qui te fera jamais de fiches récapitulatives de la décolonisation et qui a le front d'affirmer que pour une compo "les connaissances ne sont pas si importantes que ça".
Mais bon. A part ça, il y a une expo pas mal qui s'organise au lycée, sous l'égide du prof-qui-s'en-fout-du-bac. Officiellement les élèves y participent, mais à part servir de manoeuvres pour déplacer les meubles, de scribes pour écrire les affiches, ou de colleurs pour-je vous le donne en mille- coller les photos, ils n'ont pas vraiment de rôle clé. Enfin c'est interessant de voir comment était le lycée avant. Il était beaucoup plus multiconfessionnel, avec des tas de français,des juifs sépharades, et des musulmans .Mais maintenant que Meknes-la-Pustule n'est plus vraiment un pôle d'attraction des étrangers (sauf les fous), la quasi totalité des élèves sont des marocains. Et puis il y avait des tas de clubs, un journal et tout.'Fin c'était chouette quoi.Je pense que c'est dans ces établissements-là que la France se fabrique ses admirateurs les plus inconditionnels. Moi par exemple, je remercie tous les jours le ciel que ma mère, ex de Descartes à Rabat, ait tenu tête à mon popa (qui à fait Moulay Ismael) et nous ait fait intégrer la Mission, à mon frère et moi. Franchement on peut dire ce qu'on veut de la France, mais on ne peut pas lui enlever que son enseignement est le meilleur du monde, pas seulement sur le plan des connaissances, mais surtout pour ce côté multiculturel, cette ouverture d'esprit... C'est spécial.
Arrêtons la les éloges. Passons à mon registre favori: les récriminations. Sujet de plainte numéro ouno: la bouffe. Cette semaine, les agents et les surveillants ont fait grève pour protester contre une hausse de leur I.G.R. Ben vous savez ce qu'on a eu à grailler ? Des CHIPS. Ouai ouai, des vulgaires chips grasses et dédjeulasses. Nan mais j'hallucine, elle est où la diététique s'il te plait, dans un repas constitué à 90 % de lipides, de sucres et de graisses ? Le stress du bac ne leur suffit pas, ils veulent nous achever en nous collant des problèmes cardio-vasculaires avec leur bouffe que Mc Do , il aurait honte de la servir ?
Sujet de plainte numéro dos: notre internat abrite des tarés mentaux. Une prostituée, deux-trois drogués, comment bosser au milieu de gens comme ça ? Jeudi soir, c'était le summum de la folie: une fille a fait semblant de tourner de l'oeil dans le couloir. Putain, elle jouait tellement bien la comédie que si je n'étais pas au courant du truc, j'aurais complètement paniqué. C'est d'ailleurs ce qu'a fait la pauvre surveillante de service cette nuit-là. C'était la foire, avec des cris, des éclats de rire, et tout le monde en train de filmer la soi-disant évanouie, genre super crédible. M'enfin je dois reconnaitre que c'était vraiment super marrant.
Sujet de plainte numéro tresse: mon intro ne colle pas, parce que quand je validerais ce post, il sera samedi 14. Fuck.
J'aurais bien continué, mais je me lève tot demain. (pas pour gratter des exos, mais pour aller à Rabat essayer de trouver un bout de tissu qui pourrait me servir de robe de bal pour ce bal qui ne me dit plus rien du tout)
Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs.
Une semaine entière que je n'ai rien pondu sur ce beau blogounet qui est le mien!Comme le temps m'a paru long sans vous, lecteurs chéris ! Cette première semaine à Paul Valery-après la rupture salutaire des vacances- s'est vraiment trainée en longueur. Reprendre le travail après quinze jours de végétement intellectuel nécessite une volonté herculéenne, chose ,dont force est de le constater,je suis fort peu pourvue, toutes mes velléités de m'y remettre étant tuées dans l'oeuf par la paresse ambiante qui imprègne une partie de l'internat. Nan bon la vérité ,c'est que cette proportion de joyeux fainéants se résume à 4 sur 150 ce qui est, comme tout bon physicien ou chimiste ou en tout cas chientifique-en-blouse-blanche vous le confirmera- parfaitement négligeable. Enfin je crois. Je n'en aurais d'ailleurs même pas fait mention s'il ne se trouvait que, par un malheureux hasard, je fais moi-même partie de ce quartette de rien-fouteuses chroniques. Du point de vue de la quantité de travail fournie, cette semaine a été proche de ce qu'on pourrait appeler le zéro absolu. En revanche, rayon rire et conneries, c'était vraiment la fête. Que choisir entre rire et prévenir les rides ou bosser l'arabe et prévenir le zéro sur vingt coeff 5 et l'ire de Mr Lazi? La raison ou la passion ? Sérieux,avec son petit dilemne à deux balles, Rodrigue peut aller se rhabiller, vous ne trouvez pas ?
Bref, donc nous notre dilemne ne nous a pas gâché la vie très longtemps. La veille de mon oral, alors que sérieux, je n'avais (et je n'ai toujours pas) appris la moindre fiche qu'est-ce que je foutais ?Ben j'étais tranquillement assise avec Ouarit sur son grand lit tout beau tout neuf (ouai, on a de nouveaux lits. J'en parlerai plus tard) à mouahaha imagine hihihohoho comme une folle. Je n'avais pas TOUCHE l'arabe, alors que , sans avoir appris, je suis proprement incapable d'aligner de phrases correctes et que, le lendemain, j'étais sensé bavarder dans une langue pure et vierge de tout barbarisme pendant une demie heure non-stop avec Mr Lazi qui, tout adorable qu'il soit, peut-être vachement flippant quand il fait passer à l'oral .En fait, je t'explique l'oral d'arabe, ami lecteur, pour que tu saisisse bien la mesure de ma folie et/ou mon inconscience : tu rentres dans une salle où y'a toi , le prof, des chaises , des tables et que dalle. Devant toi, huit petits papiers soigneusement étalés. Sur chacun d'eux est écrit le texte sur lequel tu dois passer. Tu l'auras compris, ami lecteur, on te fait, lors de cette épreuve, subir l'une des pires atrocités inventées par le système éducatif: le tirage au sort. Ton destin est entre tes mains ,tu ne peux en vouloir qu'à toi même si, par un hasard funeste, tu tombes pile sur LE texte que tu n'avais pas travaillé, te disant qu'une probabilité de mourir de 1/8 était somme toute acceptable. Pauvre fou, les maths c'est de la merde, je te l'ai déjà dit ! Le texte que tu ne vas pas bosser, c'est celui que tu vas piocher ,c'est l'une des applications de la fameuse loi de Murphy (if it can go wrong, it will).
Enfin moi, faut dire que je déroule le tapis rouge à la poisse. J'ai bossé pas moins de 1 texte sur 8. Et quand je dis bosser... Je n'arrive toujours pas à comprendre comment j'en suis arrivée là. J'avais quinze jours pour faire mes fiches et les apprendre, ce qui semblait, au moment de les débuter, largement suffisant. Mais j'avais sous-estimé l'impact du bac blanc et ses séquelles sur non seulement ma volonté de travailler mais aussi ma capacité. C'est pas une excuse bidon, pendant ces deux semaines, je n'ai pas pu m'approcher à moins de 5 mètres d'un quelconque cahier de n'importe qu'elle matière. Une semaine avant, j'aurais encore pu m'en tirer, mais là c'était fichu, impossible de faire et apprendre 8 fiches ! Alors c'est bon, j'aurais zéro, ce n'est pas la fin du monde. Enfin ça c'est ce que je me disais encore à 3 heures de mon passage. Puis il y a eu ce déclic dans ma tête: mais c'est pas possible, tu peux pas aller t'assoir devant lui et le regarder dans le blanc des yeux pendant une demie heure . Qu'est-ce que tu vas lui dire ?Tu ne sais même pas parler correctement !. Réaction oscillant entre le désir subit d'une mort violente et l'espoir d'un attentat terroriste au lycée qui annulerait mon passage de l'aprèm. D'autant que Zima, qui se trouve dans une situation analogue, commence à son tour à stresser: "iiiiiiiiiiiih, mama c'est pas possible, j'aurais zéro, Mimi comment on va faire ?!". Mimi sait comment on va faire. Mimi va parler à Mr Lazi, la crème des hommes, la bonté incarnée. Mimi a honte, Mimi voudrait creuser un trou dans le sol, mais Mimi l'obtient finalement, son report de passage !J'avais pas le choix: c'était ou ça, ou l'égorger avant de manger son cadavre pour faire disparaitre le corps .Mimi et Zima bénéficient de 4 jours de sursis ! Hurrey ! Alors Mimi, 3 jours (et c'est le temps qui court) pour 8 fiches, ça le fait ?Aha! That's the question! Réponse lundi entre midi et deux !
Heureusement, il n'y a pas que le bac blanc d'arabe de bloggable dans ma vie . Il y a aussi celui de bio, de maths, de philo, de géo, d'anglais, de physique...Ils nous ont saoulé/rendu malade de peur avec ça toute la semaine. En gros ça n'a pas été trop mal, à part en bio ou quelque chose m'a fait plutot rire. Enfin mieux vaut en rire qu'en pleurer. Donc dans le barème de la ROC, y'avait un truc qui s'apellait la radiolarite ou quelque chose dans le même style. Et ce truc, jamais on l'a écrit dans notre cours. Je ne savais même pas que ça éxistait avant qu'ils nous rendent la copie. Mais quand on l'a fait remarquer au prof (quelqu'un d'autre que moi, ce qui prouve que je ne suis ni folle ni Alzheimerizée), celui-ci nous rétorque: "mais bien sûr que si, ils en parlaient de manière très détaillée dans une des vidéos que je vous ai passées ".Ah je vois ! Une de celle qu'il nous met à la fin de l'heure, quand il ne reste qu'un quart d'heure avant d'aller s'acheter ce Kit Kat dont on a tellement envie! Ah mais c'est un coup en traitre, ça ! Parce que les vidéos qu'il nous passe, moi je dors devant ! Et je devrais dire qu'on s'endort tous devant. Nan mais faut vraiment être un surhomme pour rester réveiller devant "Le Massif du Chenaillet, histoire géologique d'une fermeture océanique". M'enfin bon, ce n'est qu'anecdotique. Ca m'apprendra à dormir en cours. Heureusement, avec le chapitre qu'on vient d'aborder, ça ne risque pas d'arriver. En fait, on a commencé la reproduction. Je passe la moitié du cours à glousser comme une gosse de 10 ans, c'est absolument mortifiant.Je n'arrive pas à croire que je rigole pour "va*in" ou "p*nis". (le *est une protection contre Gogole le Terrible) Il faut dire que, là encore, mes trois amies ne sont pas vraiment des remparts contre la débilité, mais jouent plutot le role de catalyseur de la crétinerie. Nous régressons, c'en devient affolant. Il faut dire, à notre décharge, qu'imaginer ce cours fait par un certain autre professeur n'aide pas à garder son sérieux.
Mais fi du travail ! Parlons un peu de l'internat. Je vous l'ai dit, ils nous ont changé le mobilier, et ils nous ont refait la peinture à neuf, nouveaux matelas ou lhala. Ils ont mis des tas de couleurs , du rose, du orange, du bleu, du vert, du rouge. C'est peut-être une nouvelle forme de thérapie anti spleenique. La thérapie chromatologique. Le Klimt dégénéré qui est sur les murs va peut-être déteindre sur la grisaille qui embrume notre cerveau lorsque l'on pose notre séant sur notre chaise pour se mettre à bosser. Nan mais je suis mauvaise langue, d'un point de vue esthétique,il y a un net progrès. Ca fait moins prison et plus maternelle. Par contre sur le plan pratique, y'a des trucs à revoir: de un, les placards coulissent mal, de deux les barreaux de l'échelle du lit sont tellement fins qu'ils te rentrent dans les pieds, monter sur son lit devient un entrainement pour fakir . Mais bon, on ne se plains pas. On n'est plus là pour tellement longtemps non plus...
Eh oui, l'après bac est proche. Aujourd'hui, tout le monde rendait ses dossiers de prépas. Pour moi c'était un peu la panique, parce que la veille, au moment d'écrire mon adresse sur les neufs enveloppes pour mes neufs dossiers, je m'aperçois qu'outre ma signature, celles de mes tuteurs légaux est éxigée. Mes tuteurs légaux, se sont mes parents, et à c'theure, ils dorment tranquillement à 60 km de Meknes-la-pustule. Et celui qui croit qu'ils vont se taper le trajet pour 18 coups de stylo ne les connait vraiment pas bien. Et quand bien même ils seraient venus, j'aurais du supporter leurs "tu aurais du faire attention, tu n'es pas ordonnée, tu ne vas pas t'en sortir en France" pendant des jours et des jours. Plutot mourir. Il y a une solution intermédiaire: falsifier leurs signatures. J'ai acquis une certaine dextérité, en m'exerçant sur les autorisations de sortie pour déjeuner .(Si un membre de l'administration de Paul Va lit ça: it is only a joke). Donc pour le truc le plus important de ma vie, je triche. Bravo, Mimi.
Pour d'autres, le truc important était l'écriture de leur lettre de motivation pour le très prestigieux lycée Sainte Geneviève. Ma copine NouNou postule, alors je l'ai un peu aidé à rédiger la sienne. C'est marrant ce truc, parce qu'en gros, c'est un exercice de mitonnage. Tu ne dois pas en faire trop sinon ils te jettent, mais en même temps tu dois te peindre comme l'homme ou la femme complet, bien dans ses shoes, sportif, cinéphile grand, blond et catholique sinon ils te jettent aussi. Comme ces bonnes femmes décrites par Céline, l'étudiante modèle des lettres de Ginette, tout du moins à en croire certaines lettres de motivation lues sur le ouaibe, est un fantasme d'écrivain collabo. Mais pas russe. Nous on a pas fait comme ça. On a pas tellement eu besoin d'enjoliver les choses d'ailleurs, parce que ma copine NouNou est effectivement complète, bien dans ses shoes et cinéphile.Après faut terminer par un truc du genre: Recevez, monsieur, l'expression de mes salutations distinguées (Bon sérieux, tu m'prends hein ?gros bisou. ).
Sinon, mercredi, j'ai renoncé à aller voir le sosie de David Boreanaz qui venait pousser la chansonnette dans le foyer de l'internat pour regarder un film de Mr C. Quel bon choix ! Citizen Kane est vraiment un monument technique. Quelle débauche de procédés filmiques, de fondu enchainés (trop), de recours aux contre plongées, aux profondeurs de champs ! Et cette musique, très hitchcockienne ! Et l'histoire de ce grand bonhomme un peu malade, franchement j'ai adoré. En plus, j'adore Orson Wells jeune. Après, on a parlé un peu du film, puis comme d'hab, ça a été le cortège des conneries habituelles, avec cette fois ci une nouveauté. En fait, quelqu'un en S2 nous a raconté que Mr C, dans un fulgurant trait d'esprit, leur avait lancé un :"Don't you know Pompidou" lorsqu'il leur avait parlé du bon Georges en cours. Bien entendu, pour comprendre l'humour, il faut connaitre une chanson qui s'apelle "Pump it up" (voir en bas). Déjà, vous reconnaissez des sonorités similaires, et ça fait plutot une bonne blague. Mais c'est surtout le fait que Mr C connaisse cette chanson, lui dont l'univers musical englobe plutot The Cure, Mozart, Eddy Mitchell et Thomas Fersen, qui est ...on va dire tordant. (et surtout le fait de l'imaginer en train de danser dessus). M'enfin voilà. Ouarit, voulant faire sa maligne, essaye de lui refaire la blague, tordue par un fou rire qui nous gagne toutes les quatres. Ouarit: Mr Calaguééééé, (hihihahaha). Mr C: Qu'èèèèèst-ce que vous me faites encore ?". Ouarit: Mr ,don't you (houhouhou). Mr C (intrigué et vagument inquiet): Qu'est-ce qu'elle raconte ?. Moi: Monsieur , comment vous connaissez cette chanson ?. Mr C:... (ne comprends pas un mot de ce qu'on lui dit). Ouarit:"Don't you know Pompidou". Pas de réaction. Et pour cause ! Mr C voyant enfin de quoi on parle, nous refait la vraie version de la blague : "Pom pom pidou Pouh !". Marilyn ! Wahahahahahaha (énorme éclat de rire). Ah ben celle là n'est pas mal non plus dis donc ! Hahahaha !Les quatres tondeuses à gazon, comme dit ma copine Rita (en référence au fait qu'on vibre quand on rit), sont lancées, plus rien ne peut les arrêter. Le téléphone arabe, c'est un truc de fou ! Marilyn Monroe se transforme en Danzel!
Voilà, petit aperçu (très) succint des petits machins qui ont jalonné ma semaine.A part ça je viens de voir 3 épisodes de suite de Desperate Housewives. Cette série est proprement addictive ! Bonnne nuit, gens d'ici et d'ailleurs !
For the few: JOUR 5 ! Arrêtez le massacre ! :-D
Edit : Trouvée sur un blog, la campagne de lutte contre les discriminations faites aux personnes atteintes du sida. Pas de longs discours, juste ces images .
FREE HUGS A PARIS
envoyé par Patapon
Le fait marquant de ce vendredi 16 février, c'est bien entendu l'ouverture en grande pompe du festival des ratés baccalauréens. Et oui ,ce fameux bac blanc dont je vous rebat les oreilles depuis quelque chose comme un mois maintenant a finalement commencé . Ce matin ,une centaine d'élèves de terminale ,toutes séries confondues, réunis en salle Weber ou Polyvalente, planchaient sur la terrible épreuve de philosophie . Bon alors, je vous décris un peu le truc, c'est assez marrant. Tu as deux catégories de préparationnaires : les premiers, qui ne constituent tout de même, quoiqu'en pense notre professeur, qu'une frange marginale de la population carcérale des élèves, se foutent comme de leur première chemise de cette épreuve qui, rapellons-le, n'est coefficientée que 2 (tout de même autant que l'oral de français) . Inutile de préciser qu'ils n'ont jamais touché leur cours de philosophie .L'immense majorité restante est constituée d'élèves dont nous ne dirons pas qu'ils rentrent en devoir en kamikazes, mais presque. Leur analyse n'est d'ailleurs pas dénuée de sens: le rapport entre travail et note n'est pas,en philosophie, analytique, loin de là. En clair, tu peux bosser comme un nègre et te retrouver devant un texte ou un sujet auquel tu ne comprends goutte. Donc autant en faire le minimum. L'objectif de cette sympathique masse de résignés et d'éviter le zéro éliminatoire et, si Dieu les a à la bonne ce jour-là, de décrocher un truc tournant autour du 5.
Voilà pour la préparation, passons maintenant à l'épreuve elle-même. Bon, il est 7 heure et demie, les terminales sont, pour une fois, à l'heure au réfectoire, et sont tous en train de se groinfrer de céréales et de pain au Kiri (sucres lents, bons pour les efforts de longue haleine). Comme d'habitude,c'est la panique chez mes copines Ouarit et Assoul qui non contentes d'avoir égaré leur convoc', se sont amenées sans pièce d'identité (Justificatif pitoyable : chavai po ki fallait la convocation). Je dois admettre qu'en matière de bordélitude et de mauvaise organisation, elles se sont surpassées sur ce coup-là. 'Fin bref, tout finit par rentrer dans l'ordre. A l'heure dite, nous pénétrons dans la salle Polyvalente, aménagée pour les exams, avec les tables en colonnes, les noms des élèves scotchés, la feuille de présence à signer, tout le tremblement, quoi. Ne reste plus que les sujets. Y'avait quoi demander, ma p'tite demoiselle, le voilà ton sujet, éclate-toi.
Alors au choix: Dissertation : La vérité est-elle tyrannique ?
Commentaire de ce bôtruc,cette sympathique usine à gaz conceptuelle appelé texte philosophique :
"Tout mot devient immédiatement concept par le fait qu’il ne doit pas servir justement pour l’expérience originale, unique, absolument individualisée, à laquelle il doit sa naissance, c’est-à-dire comme souvenir, mais qu’il doit servir en même temps pour des expériences innombrables, plus ou moins analogues, c’est-à-dire, à strictement parler, jamais identiques, et ne doit donc convenir qu’à des cas différents. Tout concept naît de l’identification du non-identique. Aussi certainement qu’une feuille n’est jamais tout à fait identique à une autre, aussi certainement le concept feuille a été formé grâce à l’abandon délibéré de ces différences individuelles, grâce à un oubli des caractéristiques, et il éveille alors la représentation, comme s’il y avait dans la nature, en dehors des feuilles, quelque chose qui serait "la feuille", une sorte de forme originelle selon laquelle toutes les feuilles seraient plissées, dessinées, cernées, colorées, crêpées, peintes, mais par des mains malhabiles au point qu’aucun exemplaire n’aurait été réussi correctement et sûrement comme la copie fidèle de la forme originelle."
Nietzsche, (Le livre du philosophe)
Reactions de la salle: assez variées .Ca va de l'éclat de rire pur et simple (moi à la lecture de l'intitulé du sujet de dissertation), à l'effroi caractérisé, en passant par l'indifférence et la lueur de joie. Oui, vous avez bien lu, des gens ont été JOYEUX à la lecture du sujet, nous reviendrons sur ce point déconcertant. Mais revenons en à l'épreuve. Tu dois maintenant choisir entre ces deux maux le moindre. Pour moi ça n'a pas été long : j'ai détourné le regard de cette vilaine question de dissertation, et je me suis attelée à la compréhension du texte de l'ami Friedrich .( Plus tard au cours des quatre heures, j'ai du cacher la question avec le bouchon de mon stylo encre parce qu'elle me brûlait les yeux, avec sa façon malsaine de me fixer, un peu comme la Joconde, vous voyez ?) . Première heure : euh, ouais, je vois à peu près ce que tu veux dire mon pote. Maintenant je dois le redire d'une façon qui fasse croire que je ne me borne pas à répéter ce que tu dis de manière moins classe. Allez cerveau, travaille, produit, enfante une oeuvre sur l'oeuvre ! Je prends des notes des débilités qui traversent mon cerveau (ça donne un truc comme: "t'auras zéro". Quoi que ça soit plutôt prémonitoire que stupide) .Je gribouille sur mon sujet, je me dis qu'avec un peu de chance mon stylo va s'animer et guider ma main, pour accoucher d'une splendide explication de texte suivie d'une discussion non moins brillante et pertinente. Beau fantasme. Mon stylo reste inerte, lamentablement accroché à ma main qui vagabonde tristement sur la feuille de brouillon vert empire. Deuxième heure. Ma main et mon cerveau ont des crampes. Mon cou me fait mal, allez on lève la tête pour observer les gens. Bonne surprise, près des trois quarts de la salle ont eu la même idée et s'observent mutuellement, leurs regards exprimant qui le désarroi, qui la dérision, qui le vide d'un oeil de carpe. Le soleil, dehors, brille de mille feux et le ciel est d'un bleu limpide. Des gens insouciants déambulent dans la cour (profitez de votre inaction, inconscients). Il fait chaud. C'est mon crâne qui surchauffe. Bon, je vais quand même écrire l'introduction, peut-être le reste viendra t'il dans la foulée ? Vingt minutes ! Vingt minutes pour une introduction de même pas dix lignes ! Et j'ai du essorer mon cerveau. Allez, nouveau coup d'oeil. Je croise le regard de Ghita, dont l'oeil éteint me renseigne sur l'état mental aussi efficacement que le l'index pointé sur sa tempe, dans un geste imagé de détresse morale. Troisième heure : je commence à en avoir plein le dos de la philo . J'ai fini mon explication de texte, mais le calvaire ne fait que commencer : il faut que je pose une problématique en rapport avec la question soulevée par le texte, et que j'y réponde de manière à apporter quelque chose au texte. Mais j'ai rien à apporter moi ! J'les pige même pas tes idées, mon pote, comment tu veux que j'en pense quoi que ce soit ? Qu'est-ce que tu me fais yèche avec tes histoires de concept ? Mais pas étonnant qu'il soit mort cinglé, ce mec, c'est quoi ces problèmes à la con ? (phase authentique de ras-le-bol). Allez, repos 10 minutes. Heure trois et demie : j'ai finalement réussi à écrire des petits trucs débiles en répétant vingt mille fois la même chose de manière différente. Mon dico interne des synonymes y est passé en entier. Heure trois et trois quarts: Allez, on va conclure (My name is not Michel Blanc, et oui, je suis lourde, mais j'ai le droit). Dans ce texte, Freddy nous blablate des tas de trucs 'achement interessants, et je suis sûre que ça me servira dans le diners mondains machin-toussa. Maintenant, vénéré prof de philosophie, sois clément et ne me donne pas deux, car sinon je serait technicienne de surface et, des dîners mondains, j'en aurais avec le balayeur et le laveur de vitres, qui n'en ont pas tellement grand chose à foutre de savoir que le langage est réducteur et ne rend pas fidèlement compte de la réalité. D'habitude, je n'aime pas quitter une épreuve avant l'écoulement total du temps imparti, ne serait-ce que par hypocrisie envers moi même, genre, j'ai fait mon possible, je me suis donnée jusqu'au bout (huhu) , mais cette fois, je suis sortie dix minutes avant la fin, tellement les émanations nitzschéennes m'ont tourné la tête. En plus, le store était coincé en haut et, avec ma chance légendaire, je me suis retrouvée à côté de la fenêtre à me recevoir tous les rayons de soleil qui font bouillir le cerveau et qui donnent mal au crâne.
Comme la sortie fut jouissive ! Comme l'air me parût frais et embaumé ! D'autant que nous étions à côté du refectoire et que les effluves de nourriture, même infecte, me faisaient saliver d'envie. Ah ouai, parce que j'ai oublier de dire que dès la deuxième heure, j'ai crevé la dalle. Ben oui, réfléchir, ça creuse, surtout quand on ne le fait pas régulièrement. J'échange de grands éclats de rire avec mes camarades. Nous nous faisons l'effet de prisonniers enfin rendus à la liberté après une détention particulièrement éprouvante. Nous nous récrions en coeur sur la difficulté du texte, nous comparons nos problématiques, nous soufflons.
Décidément, je n'ai qu'un mot à dire de tout ça : bac de merde. Je ne sais pas comment je vais faire après 4 heures de bio pour enchaîner sur 4 heures d'histoire géo ! A la fin de la semaine prochaine, je serait un zombie et j'irais manger des vers de terre et boire le sang de rats en compagnie de mes compagnons perdeurs de boule.
La moitié des terminales, en dépit de l'interdiction prononcée par la CPE, se sont cassés du lycée pour se reposer, surtout que beaucoup avaient deux heures de philosophie, ce qui est assez sadique, quand on y pense. C'était assez drôle vu qu'il fallait ruser pour pouvoir sortir légalement du lycée. Le truc qu'on fait les internes par exemple, c'est de se précipiter chez l'infirmière pour feindre un malaise. Celle ci apelle alors les parents , qui viennent chercher leur machiavélique rejeton. Mais ça ne marche pas à tous les coups. Mes copines Rita et Assoul (encore elles), se sont trahies en déclarant benoitement à l'infirmière qu'elles voulaient "rentrer pour bosser". Et pourtant Assoul avait assez préparé le terrain en allant se faire porter pâle au moins deux fois par jour cette semaine. Réaction de la bonne dame (qui était en train de prendre la tension d'Assoul): Haha ! Tu t'es trahie !Allez enlève moi ça (l'appareil pour mesurer la tension) .Genre on est prisonniers et on doit feinter le personnel pour que nos parents puissent nous récupérer .Ca s'est finalement arrangé, mais je trouve que le lycée vire à l'état policier: on ne peut plus circuler comme on veut ! Vivement qu'on se casse !
Ah ouai ! Lundi il y a eu un tremblement de terre au lycée. Enfin, une mini-secousse, une secoussette quoi. On n'y aurait même pas fait attention si les surveillants n'étaient pas venus nous ordonner de quitter les bâtiments par ordre d'un ambassadeur de chai-pas-quel-bled.On croyait juste que c'était un type un peu enveloppé qui montait les escaliers quatre à quatre (bon, plutôt un type au gabarit de Hulk, mais bon). Bon c'était sympa de sa part parce qu'on a raté le cours de spé, et qu'on a rien foutu de la matinée et qu'on a eu le droit de rentrer dans les bâtiments qu'à 2 heures, mais c'était assez idiot parce qu'imagine qu'il y ait eu une secousse à 2h 30 ? Fin bref, je ne sais plus ce que je dis , je meurs d'envie d'aller dormir car, je ne sais pas si tu l'as compris ami lecteur, mais je suis épuisée.
Au fait, mon prof de philosophie m'a lancé un challenge assez sympa. En fait c'est une sorte d'expérience, qui suppose qu'à partir de dans pas longtemps après le bac blanc, je vais commencer à relever le niveau des articles. Ca va commencer par l'analyse de l'extrait de l'oeuvre d'un philosophe parue dans le Monde Diplomatique. En gros, si la fréquentation baisse, c'est que vous êtes des misologues, c'est à dire une bande de crétins déscérébrés. Sinon, non.
Mais bon, je m'accorde encore quelques temps de bas de gammerie. C'est moins fatigant. Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs !
(ouaouh, je viens de réaliser la longueur du post ! )
Tu n'es pas obligé de le lire en entier, mais bien sûr, c'est mieux si tu le fais. Enfin moi je dis ça, je dis rien.
Vendredi soir, encore et toujours. Rassurez-vous, cette fois je ne vais pas vous infliger mes sempiternelles jérémiades concernant mon délabrement physique ou ma détresse mentale. Non qu'il y ait eu une quelconque amélioration, notez. Pour faire court, c'est toujours la même rengaine: les profs sont d'ignobles tyrans et le bac une torture légalisée. Quelques fois j'aimerai revenir à l'état de nature. L'État de nature est un terme de philosophie politique utilisé dans les théories du contrat social pour décrire la condition hypothétique de l'humanité avant la fondation de l'état et de son monopole sur l'utilisation de la force physique légitime. En (très) gros, c'était le temps ou tu foutais le strict minimum pour ne pas crever, et tu ne te cassais le c*l que si tu en avais envie, afin d'améliorer ton ordinaire. Sans pression sociale, j'aurais été une sauvageonne parfaitement heureuse, me nourissant de baies et de hérissons écrasés, libre et me fichant comme du dernier album de Michel Sardou de savoir que nous sommes actuellement dans le Doha Round. A la réflexion, je me dis qu'une vie sans Figolu, sans croissants aux amandes et sans Zola n'aurait pas valu la peine d'être vécue. Donc je me fais une raison, et tente d'accepter de vivre une vie à peu près civilisée et, surtout en ce moment, chiante au possible.
Mardi soir, dans le cadre de ma fort palpitante vie culturelle (essentiellement animée par les soirées de l'Institut Français de Meknes-la-Pustule, et les épisodes de Sex and the City)j'ai été avec Ouarit au concert de eux. A priori, ce n'était pas tellement mon style de musique, mais la personnalité des musiciens, le mélange original de rythmes tziganes, reggae et rock m'ont plu.Ca m'a distrait de mon 8/20 en maths. Oui, je sais. No comment... L'ambiance était très sympa . Le public marocain est assez incroyable, super facile à faire bouger. Tout le monde était debout à se déhancher furieusement, sauf ces coincés d'expat', toujours cramponnés à leur fauteuil, comme s'il étaient au milieu d'animaux sauvages.
Mercredi soir, rencontre conjointement orchestrée par nos super-profs de ciné club et le directeur de l'Institut (un jeune type un peu gauche, mais déjà mieux que l'ex taré paternaliste qu'il a remplacé) d'un petit groupe d'élus (dont j'étais) avec le célèbre (tout est relatif) réalisateur marocain Ali Essafi . Le type est plutôt sympa, et son travail, en tout cas à l'entendre en parler, a vraiment l'air original et profond. Petite crise de fou rire sans conséquence , comme d'habitude. Nous sommes habitués. Elements déclencheurs navrants : "excitant", "profond","dur","c'est quoi ce truc?"(le capuchon de Ouarit) (HAHAHAHAHAHAHAHA)...ect. Moquez vous, riez, j'assume ma gaminerie. Oui mais . Nous sommes en terminale. Nous sommes sensés être la fine fleur culturelle du lycée, et nous nous bidonnons comme des gosses de 6 ans en cours d'éducation sexuelle. Nous voulons, qui aller en prépa Scientifique (débouchés: l'X, c'est un signe) qui en prépa Economique ( débouchés: HEC, ESSEC, ESCP-EAP). Pas vraiment des enclos à gosses attardés, donc. Nous avons du souci à nous faire. Bref. Jeudi soir, nous avons enfin pu aller jeter un oeil au travail dudit réalisateur. C'était un docu sur la chaîne Al Jazeera, qui s'apellait (tadaaam...) Al Jazeera. Déjà, le réalisateur s'excuse en disant qu'il n'a pas reçu la bonne version et que celle qu'il va nous projeter ce soir n'est pas(je cite) "celle qui est le plus proche de [son] coeur". D'accord, on a la plus merdique, tu peux le dire. On découvre ensuite qu'elle n'est pas sous-titrée mais doublée. Mal doublée. On a l'impression de regarder une télénovela brésilienne. A un moment, alors qu'on parle de la guerre en Irak, le mec s'attarde sur un pêcheur d'huitre et, à moins de parfaitement comprendre l'arabe ( ce que, grâce au travail acharné de notre génial prof, je suis en mesure d'accomplir. Ouai Yeppeee !!), on ne pige que dalle à l'apparition de ce bel ephebe brun en train de gober des huitres. 'Fin bref, pour faire court, j'ai détesté. C'était mauvais. Pas d'histoire, pas de point de vue particulièrement original, pas de continuité, pas de cohérence... Bref, ce docu était super décevant. Heureusement, si je puis dire, le public était à la hauteur et nous a offert une franche partie de rigolade avec ses questions à la con . En fait, c'était magnifique, parce qu'on était pliés en deux pendant tout le débat qui a suivi le film.¨Pas par "snobisme", mais à cause de notre pote le Fou Rire, qui a décidé de nous coller aux basques toute la soirée. Il a part contre boudé Ouarit qui, délaissée par son faux amoureux, a passé la soirée à ruminer sa colère et son énervement. Mais nous, nous n'avaons pas cessé de rire pendant toute la soirée. Le fou rire, surtout quand on doit le réprimer, est absolument délicieux, mais épuisant à l'extrême. Quand nous sommes revenus, je n'avais qu'une envie, c'était de me mettre en pyjama et de m'abandonner dans les doux bras de Morphée, ce que j'ai d'ailleurs fait.
Le lendemain, c'est à dire aujourd'hui, et après trois mois de ciel sec et de températures clémentes, fut le premier jour de l'hiver Meknassi-Pustulien. On a vraiment été gâtés, on a tout eu d'un coup: la pluie, la grêle, la neige, et ce crachin un peu épais, mélange de pluie et de neige, que j'apelle, fort astucieusement, la pleige. La neige, c'est magnifique. Ca me fait me sentir une toute petite fille (pas une sale gosse vicieuse), qui s'émerveille devant ces petites plumes toutes blanches qui tombent du polochon de Godot. Ca caillait grave aussi (oui, on perd sa poésie en grandissant). Mais c'était tellement joli, et tellement rare aussi ! Je me souviens la dernière fois qu'il avait neigé, c'était il y a deux ans, et j'avais une interro de maths (lamentablement foirée : 7/20). Aujourd'hui au moins, j'ai pu librement me geler.
Post anarchique, sans conclusion ni enchaînement cohérent pour protester contre les éxigences aliénantes en dissertation de gégraphie .
(et par respect pour mon pauvre cervau endolori, qui doit un peu garder ses forces pour le bac blanc, qui est dans 2 semaines. Mon dieu tout puissant. Je vais mourir)
Bonne nuit !
Et voilà, une autre de mes copines rejoint le club des centennaires,rides à gogo et principales clientes de L'Oréal filles qui peuvent aller en boîte et s'acheter de l'alcool mais qui n'en profiteront pas !
Zineb, je te souhaite de survivre aux multiples crises cardiaques que te réservent cette fichue année de terminale.Je te souhaite toute la réussite, toute la joie du monde. Je te souhaite des tas d'autres petits moments avec qui-tu-sais, et des tas de millions de fous rires avec nous. J'arrive pas à croire que tu as 18 ans !Rhaaa, je suis jalouuuuse :p !
PS: Elle est pas chouette la carte ?Je te promets qu'à la fin de l'année nous réaliserons ce fantasme :p
Cadeau spécial, rien-que-pour-toi :(déniché par Rita, reine du ouaibe:p)
Alors on lui souhaite tous un merveilleux anniversaire fait de barbes, de singes (posez pas de question), de bossage de bio et de tout ce qu'elle peut souhaiter ! 18 ans c'est un roc, c'est un pic, c'est un cap, et on te souhaite de le passer le plus tumultueusement du monde, s'il est vrai que-comme le dit Mr P-rien n'est pire que la tranquillité. On te souhaite plein de moments de folie, un tourbillon. Maintenant, tu es majeure , tu peux faire qu'est-ce que tu veux !! Messieurs, prenez garde, Miss Ouarit débarque :p. (le dessin n'est pas à l'échelle, tu l'auras remarqué :p). Allez chuss !
Warit, jou t'aymeuh ! (clique sur l'image pour agrandir, idiote)
Les superbes tenues dont je nous ai revêtues sont made by la very talented Doune.
Je suis dans la merde, et c'est entièrement ma faute, ce qui contribue doublement à mon énervement .On avait un devoir à faire en philo, une étude d'un texte de platon portant sur la misologie. En gros, il faut expliquer le texte morceau par morceau, puis embrayer sur une discussion suscitée par ladite explication. Donc je commence mon boulot,en bonne élève sérieuse et appliquée que je suis et, comme souvent en philo, je sèche complètement sur la discussion. Or je suis une fille du vingt-et-unième siècle, et dans ces cas là, mon premier réflexe, c'est Gogole. C'a beau être un salaud, il n'empêche qu'il m'aide vachement. Il y a toujours un petit truc à glâner, une citation, une idée...Mais bon généralement, ce n'est que des petits bouts à insérer dans ton travail perso.Mais cette fois-là, j'ai vraiment cru que ma bonne étoile avait enfin décidé d'arrêter de me faire la djeule.Tout un article qui traite EXACTEMENT du sujet que j'ai abordé dans ma problématique! Génial ! Bon, allez, je m'en inspire un petit peu. Sauf que cette fois-ci, le sujet correspondait tellement bien, et les phrases étaient tellement parfaites tu vois, c'était criminel d'y changer quoi que ce soit. Alors j'ai pompé quasiment toute ma deuxième partie là dessus .
A ce moment là de l'histoire, vous vous dites : bon ce n'est pas bien grave, ça arrive à tout le monde, la flemme et la nullité aidant, de ne pas rendre un devoir totalement personnel. Oui, c'est vrai, même si je dois dire que je n'avais jamais fait ça avant.Mais là...Vraiment j'avais aucune idée, j'avais pas le temps de réfléchir, et Internet m'offrait le tout sur un plateau d'argent.Mais rendez-vous compte : j'ai tout mis texto, sans changer la moindre virgule, tellement les expressions correspondaient parfaitement à ce que moi, j'aurais voulu dire. Et les idées étaient tellement bien ... Waaaa, je me cherche des excuses et j'en ai pas !
Bref l'histoire aurait pu s'arrêter sur un simple cas de conscience, mais les cruels Dieux n'en avaient pas fini avec moi. En fait, il s'est avéré que toutes les terminales avaient fait exactement la même chose que moi (oui, notre prof est un feignasse qui donne le même sujet à toutes ses classes). Mais le plus horrible, c'est qu'ils ont pioché les MEME phrases du MEME article !Maman ! J'ai la même copie qu'au moins 80 personnes ! Aaaaarghhh !! Mais comment il va réagir, le prof, hein ?Comment ? Soit il nous file tous zéro ,ils nous convoque chez le proviseur et il met un mot sur le dossier, soit il nous file zéro et il nous convoque chez le proviseur, soit il nous file zéro .Maman !!Je vais avoir un ulcère à force de stresser à propos de ce truc ! Et ne me dites pas que je le mérite, je le SAIS !!!Mais comment ai-je pu être stupide au point de croire que j'allais être la seule à tomber dessus ? En fait, je crois que j'avais simplement ENVIE de le croire, et comme j'avais un putain de devoir d'histoire-géo à bosser, j'ai béni le ciel, fait taire ma conscience et surtout mon intelligence légendaire .Maman !
Et je n'ose même pas imaginer quel regard il va me lancer quand il va me rendre la copie... Il va me dire :"tu me déçois, je m'attendais à plus de sérieux de ta part... EST-CE QUE TU ME PRENDS POUR UN CON, PETITE DEBILE ?" Maman !
Eh ben 2007, tu commences bien, [mode Bedos On] salooope ![Mode Bedos Off].
Hé dites! :J'y crois pas, faut vraiment faire quelque chose, c'est du harcèlement !
Tres spirituel, Gogole

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on l'adore ce prof philo | /archives/paulvattitude/index.html |
Donc voilà, l'année scolaire côté 2006 s'est achevée aujourd'hui à 17h50. Le tiers de la terminale, ma toute dernière année à Paul Valéry (en théorie) s'est envolé pour toujours. C'est marrant, mais je n'arrive pas à m'en désoler. Je veux dire, je ne suis pas nostalgique ni rien, je n'ai pas spécialement envie d'y rester plus longtemps .Ce n'est pas tellement que j'ai hate de quitter ce bon vieux LPV. Je l'adore, mon lycée, j'y suis très bien , mais enfin, je sens que j'y ai fait mon temps. Il est temps que je parte, que j'aille voir ailleurs, d'autres gens, d'autres lieux. En seconde, j'avais l'impression d'être là pour l'éternité. Trois ans à l'internat, pour moi c'était toute une vie, et je m'en réjouissais, tellement j'ai immédiatement aimé cet endroit. Et voilà qu'on arrive quasiment au bout .Il reste encore 6 mois éprouvants, c'est vrai. Mais je sens qu'ils vont passer sans qu'on s'en rende compte (à part le bac,on va le sentir passer çuilà). Ca y est, un cycle s'achève, une jolie et agréable page de ma vie se tourne. J'ai beaucoup appris (par contre ma conjugaison a foutu le camp),énormément rit , parfois pleuré, rencontré des gens formidables, d'autres insuportables, j'ai mûri dans certains domaines, régressé dans quelques autres (sixe had ellila :p), j'ai compris à quoi servait un eye-liner, je me suis endjeulée avec l'AUTORITE, je me suis confrontée à moi-même à travers le regard pas toujours tendre des autres, et j'ai beaucoup changé .Mes années-lycée m'ont apporté des tas de choses, mais maintenant il est temps de sortir de la petite bulle bien cosy de Meknes-la-pustule et d'entrer dans le vaste monde. Ca ne sera surement pas toujours rose, je vais même peut-être sacrément en baver, mais bon. Il faut ce qu'il faut. Comme dit Mr P, maitre ès lieux communs, c'est en se rencontrant des gens nouveaux qu'on évolue et qu'on progresse. Et j'ai horreur de la stagnation. Donc énormes mercis Paul Va, je partirais pleine de tout ce que tu m'as apporté et tu ne me manqueras jamais.
C'est mignon tout ça, mais pour l'instant je suis encore là. Je ne m'en plains pas, notez. Je partirai quand ce sera l'heure .Quand je pense que ça ne devait être qu'une petite intro au post ! Je ne suis vraiment pas forte niveau concision .Ma prof d'anglais, dans un devoir qu'elle vient de nous rendre a même dit que c'était une honte de ne pas prendre la peine de synthétiser mon propos. Enfin en anglais quoi, un truc genre Ohhh, it's a shame, that you didn't pay attention to the compulsary number of words. J'ai fait 350 mots au lieu des 200 requis (n'empêche qu'elle a dit qu'au niveau langue, c'était très bien).
Enfin bref. Lundi soir, on dinaît avec nos professeurs. Je ne comprends pas ces gens pour qui automatiquement prof égale ennemi à détruire absolument. C'est idiot parce qu'ils ratent des tas de trucs enrichissants. On dit des tas de trucs débiles aussi, m'enfin c'est rigolu. A notre table, il y avait Mr Serra, le type le plus gentil et patient du monde , Mr P l'homme (là je ne dis pas "le type", parce que je ne tiens pas trop mourir à 17 ans) au sourire le plus canon et à l'accent le plus éclatant, et Mr C, l'homme le plus... adorable,sexy avec une barbe,marrant méchant .Donc c'était vachement chouette. C'est un truc de fou combien j'aime mes profs ! Le repas était composé des sempiternels truites de l'Atlas-Dinde-Pommes sautées (pas "chades")-bûche de Noyel, plutôt étouffe-chrétien d'ailleurs. Mais bon, le principal intêret de ce dîner ne résidant pas dans sa qualité culinaire, je ne vais pas trop m'apesantir là-dessus. Après le dîner, il y a eu le fameux spectacle des Terminales.C'était vraiment la totale surprise ! Alors qu'à la dernière (et seule ) répète entre midi et deux, c'était un fiasco pas possible, au moment décisif, tout a quasiment été parfait. On ne se rendait pas bien compte, puisque c'était la troisième fois qu'on voyait les mêmes sketches, mais c'était vraiment super drôle. En tout cas les gens ont trouvé ça extra. Quel bol de fou on a eu ! Bon il a un truc qui m'a énervé, c'est que je n'ai pas pu anoncer un truc comme je le voulais, et ça m'a foutu tellement en rogne que je me suis vengée sur Mr C en le faisant passer pour un rabat-joie aux yeux de toute l'assistance. Il n'est heureusement pas rancunier. Dans notre génération, certains feraient des travelos super crédibles , Mr P ne dira pas le contraire je pense ( : !On a terminé en chantant "Place des Grands Hommes", mais ce qui était sensé être le moment émouvant de la soirée a tourné à la farce quand on s'est aperçus que personne ou presque ne connaissait toutes les paroles. Je m'en suis sortie en imitant Chirac à la coupe du monde en ne faisant que remuer les lèvres, ou en éclatant de rire.
Le lendemain soir, c'était la soirée des externes. Là c'est plus simple à décrire, parce que c'est tout bêtement une boom. Comme d'hab un tas de gens étaient bourrés. C'était ridicule, parce que nos pauvres ploucs ne tiennent pas l'alcool et vont gerber au bout de deux verres de vodka. Je changerais sûrement une fois à Paris :) (Ouarit, I'm joking l'alcool c'est le MAL :p) , mais pour l'instant, je ne bois pas. J'ai donc passé toute la soirée à m'éclater sur la piste, en dansant comme une folle. J'adore danser ! J'avais les jambes explosées le lendemain, mais c'est pas grave.
Voilà. Pas la force de conclure .(ce post). Trois soirs de suite que je me couche bien après minuit, et ça risque de continuer, puisque demain, c'est soirée ciné et grignottage avec 4 de mes supers coupines Rita, Ghita, Zineb et Sarakace.
Au fait ! J'avais oublié cette foutue interro de géo. Foutue, c'est le terme. J'ai pondu un n'importe nawak inimaginable. J'ai fait un shéma que même un élève de CP il aurait eu honte de le faire. Et j'ai cité Coluche. J'espère que mon prof a de l'humour, sinon, c'est la bulle assurée.

Bon le premier trimestre c'est déjà du passé. Et oui, mine de rien, cela fait déjà trois mois d'écoulés pour notre dernière année à Paul Va. Vu de ce côté ci de l'année scolaire, le bac blanc n'est déjà plus une inquiétante silhouette diluée dans les limbes du mois de février mais se rapproche et se précise de manière extrêmement inconfortable pour la tranquillité de mon esprit de glandeuse invétérée, mais non insconsciente. Tous les membres du corps enseignant ne se privent pas pour agiter, sombres oiseaux de mauvaise augure, l'inquiétante perspective du baccalauréat , obsédante épée de Damoclès flottant au dessus de nos têtes d'abrutis. Néanmoins, je peux affirmer sans me tromper que mes professeurs de physique et d'histoire-géo décrochent haut la main la palme du semage de psychose collective à propos du bac. Pour eux, en l'état actuel des choses, un bon quart de la classe risque de rempiler s'il ne se met pas sérieusement à bosser .Remarque ils n'ont pas tord de stresser tout le monde avec ça. Autant se prendre la baffe dans la djeule maintenant et réagir en conséquence plutôt que le jour J, ce qui est un peu beaucoup trop tard. Louable objectif donc, mais dont la réalisation butte sur l'obstacle de taille que constitue l'une des caractéristiques les plus gênantes des élèves de notre classe, à savoir l'irréalisme, ou plutôt l'insconscience. Comment qualifieriez-vous quelqu'un qui, ayant 2 tout rond de moyenne en spécialité Maths et pas loin de 8 en obligatoire s'obstine à vouloir "faire Ponts et Chaussées" ? Et que dire de celui qui connait le prénom de l'arrière grand-mère du Messi(e), la couleur des caleçons d'Eto'o et la date exacte du premier but de Ronaldhino en équipe "poussins" mais est incapable de pondre un shéma simplifié de la zone industrialo-portuaire de Pudong ?(...ouai bon. Mauvais exemple)
En fait, notre classe est l'archétype de l'hétérogénéité. On dirait que celui qui fait les classes, dans un moment de délire mégalomane s'est dit : "Je suis Dieu à Paul Valéry. Cette classe sera ma réalisation, mon oeuvre. Je la ferai à l'image de la Divine diversité du monde." Ainsi est-il. La "divine diversité" de ma classe, elle se voit d'abord, et prosaïquement, dans la répartition des élèves selon leurs notes. Alors que celle des autres classe suit le shéma classique d'une [mode j'utilise-des-termes-ronflants-pompés-sur-mon-prof-de maths ON:] courbe de Gauss [mode j'utilise-des-termes-ronflants-pompés-sur-mon-prof-de maths OFF], la notre ressemble à deux petites collines séparées par un vallon, le "ventre mou" . Etant moi-même l'un des bourrelets de ce bedon d'élèves moyens, je suis parfaitement à même de juger objectivement des chacuns des deux pôles antagonistes de la classe. La principale cause du fossé entre bons et moins bons réside, à mon humble avis d'observatrice indépendante, dans la quantité et la qualité du travail fourni. Je ne pense pas énoncer de vérité cachée en disant que, généralement quand on bosse, ça paie et qu'à contrario, quand on ne fout rien, on a beaucoup de chances de décrocher une sale note. Franchement je ne vois que ça. Dans notre classe , des gens bossent peu ou mal et se ramassent aux devoirs, quand d'autres travaillent intelligemment et/ou comme des nègres pour récolter un beau 20/20. Parce que ce qu'on nous demande en devoir, et même au bac, y'a vraiment pas besoin d'avoir inventé le fil à couper le beurre pour y arriver. Selon l'expression fétiche de mon prof de physique "le bac, c'est débile".Donc les gens qui foirent, n'étant pas des attardés mentaux, n'ont pas (dans la plupart des cas, les accidents n'étant pas exclus) d'excuses pour justifier des notes comme 4 ou 5.
Je connais une fille qui est dans un autre type d'excès . Elle travaille... comment dire ça ?...TOUT LE TEMPS. Et quand je dis ça, ce n'est pas une vue de l'esprit, tout le temps c'est tout le temps. Elle veille jusqu'à 2 voire 3 heures du maths le nez sur ses cahiers, elle se réveille à 5 heures pour bosser, elle bosse pendant les récrés, les heures de permanence, entre midi et deux... Je ne dis pas que ça ne porte pas ses fruits. Elle a de bonnes notes partout, les professeurs la citent en exemple, son dossier est betonné de partout . Mais à quel prix ?Avec un tel régime, elle a la vitalité d'un zombie, ne fait AUCUNE activité (j'entends par là autre que se torturer les méninges), n'a pas l'ombre d'une vie sociale , pleure tout le temps... Ce n'est pas une mauvaise fille à la base, mais son ambition lui a complètement perverti le coeur: elle souhaite ardemment non seulement "être la meilleure", mais aussi que nous, ses soi disants amies, rations notre vie. Nous avons beau lui dire que la réussite, c'est aux antipodes des résultats scolaires, que ce qui compte, ce qui est essentiel, c'est de rire, d'aimer, de voir des choses, d'avoir des amies , on dirait que nous parlons à un mur. Son but ultime dans la vie c'est, dans l'ordre, intégrer Sainte-Geneviève, faire Polytechnique, gagner des tas de sous et nous employer comme personnel de maison chez elle. J'ai pas ses notes, c'est vrai. Mais pas non plus sa rancoeur et sa noirceur d'âme.
L'excès inverse, beaucoup plus sympathique, n'en est pas moins tout aussi inscrit dans cette logique d'auto-destruction inconsciente. Oui, on les aime bien, ces cancres drôles à la main abondamment poilue. Mais s'ils veulent faire une CPGE ou quoi que ce d'autre il faut bien fournir un minimum de travail. Rien ne tombe du ciel tout prêt, sauf la pluie. Rien n'est offert sur un plateau d'argent. Seuls les génies n'ont pas besoin de travailler. Et dans ma classe, je n'en connais qu'un seul. Et encore fournit il un travail régulier, bien que light.
Je ne veux surtout pas jouer les moralisatrices et m'ériger en modèle à suivre. Surtout pas malheureux ! Je constate, c'est tout. Si j'admets mes faiblesses, je refuse aussi de couler sans me battre , et je bosse pour compenser mes points faibles. Mais de manière raisonnable, pour avoir le temps de profiter de la vie, qui n'est pas -en tout cas pour moi- parmi les equations différencielles et les nombres complexes. Je veux quand même réussir ma vie professionelle, et je veux m'en donner les moyens. Mais ma vie ne sera pas faite que de ça. Je veux rire avec mes amis, voyager de par le monde, sans cesse apprendre de nouvelles choses... Et ce bac , c'est une des conditions sinequanon pour pouvoir réaliser tout ça.
Bref bref. Je ne pensais pas faire ici un mini-conseil de classe, mais ma main m'a emportée. A part ça, et sans transition, j'ai une méga interro de maths de trois heures mercredi aprèm. Sur tout le programme depuis le début de l'année. J'ai aussi une explication d'un extrait de Phédon de Platon à rendre pour jeudi en philo. J'ai un texte d'arabe à lire et à résumer. J'ai une petite interro de géographie lundi .Et en plus, je dois préparer un truc pour la soirée des internes de la semaine d'après. C'est du boulot. Mais quand on aime ce qu'on fait, qu'on a vrai objectif de vie (Mr P, je ne vous remercierai jamais assez), on ne se laisse pas décourager par le boulot, de même qu'on ne se laisse pas ensevelir non plus.
Enfin bon je vais crever quand même, vu que je comprends que pouic aux complexes mais bon.
Peace hein ?
PS: est-ce que quelqu'un connait un nommé Ernst Lubitch ?(pardon si nom écorché)