Bon autant vous le dire tout de suite,je n'ai absolument rien à dire et ça se verra sans doute. Mais étant donné le degré mortel d'ennui que je viens d'atteindre, j'ai décidé de blogguer. Ca me distraira sans doute quelques temps. J'alerte mon lecteur chéri : c'est vraiment total emmerding; donc si tu veux te barrer, ne te gêne pas pour moi. C'est quand même révoltant quand on y pense. On n'a qu'une jeunesse, et on la gâche enfermé dans 4 mètres carrés, le nez collé à un exo d'intégrales de merde, ou une putain de fiche sur les brassages génétiques, ou sur la construction européenne (beuââââhhh), alors que le soleil fait risette à Fes-la-Moche qui, exceptionellement, a l'air un brin moins moche que d'habitude. Pas moins chiante, mais disons que l'envie de te crever les yeux quand tu te hasardes dans cette ville est un soupçon moins dévorante. Oh, c'est infime, il faut être habitué pour le remarquer. Mais je t'assure qu'observée depuis le balcon de ma chambre, qui s'est reconvertie en salle de torture neuronale, même l'immonde échoppe de mon épicier a l'air d'une boîte de nuit. Qu'il se passe un truc, ou je vais exploser! Un truc pour briser la routine, n'importe quoi qui me donne l'impression que la vie n'est pas une succession de NUIT/JOUR/NUIT/JOUR indifférenciés, un peu comme quand, petite fille, je m'amusais avec l'interrupteur, jusqu'à faire péter l'ampoule. Je ne sais pas quoi, une attaque de petits hommes verts, de pandas géants, une pluie de grenouilles, mais un truc qui se passe de préférence près de chez moi ! La vie est une putain de grosse arnaque permanente. Ca commence très tôt :on t'arrache sans te demander ton avis aux limbes bienheureuses, on te fout dans une baignoire humaine(pardon M'man), après neuf mois, on te vire à nouveau, et on passe le reste du temps à imaginer des trucs pour te pourrir l'existence comme aller à l'école, se brosser les dents, faire la bise à la dame et toutes ces merdes. La vie est mal faite en plus. Pendant toute ton enfance, tu es trop petit pour atteindre le bocal de confiture, et maintenant que tu es assez grand, tu n'en as plus envie. (tu préfères le Nutella...). L'humanité devrait songer à porter plainte contre X. Y'a eu escroquerie sur la marchandise. Remboursez ! Remboursez ,putain de voleurs !
Ahem... Pardonnnez ce manquement à la bienséance, bien étonnant de ma part, moi dont on connait la parfaite maitrise des mouvements d'humeur et la classe irréprochable (une remarque et tu me fous le camp). Je ne me laisse que rarement aller au blasphème. En fait je fais ça quand j'ai l'impression que Godot m'a abandonnée pour gambader dans les verts pâturages, ou faire valser Virgin Mary ou s'envoyer une bière ou n'importe quoi plutôt que de me sortir de l'ennui où je m'enlise.Et c'est un peu beacoup le cas en ce moment. Ajoutez à ma vie merdique le fait que viens d'avoir le choc de ma vie, et vous comprendrez mon ressentiment à Son égard. Rupert Everett, bombesque Valmont dans l'une des versions des Liaisons Dangereuses, sex appeal rehaussé de juste ce qu'il faut de tenébrosité, de morgue et de classieusité à l'anglaise est de la jaquette . Valmont dans le clip de YMCA, ce n'est pas un crime pour vous ?Hein ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Bref .Ai vu Mémoires de nos Pères. Des scènes d'actions plutôt bien réussies qui ne rattrapent qu'à moitié les tartines de bons sentiments et la psychologie neu-neu des personnages. Clint Eastwood m'avait habituée à plus de finesse. Donc déçue. Espérons que Lettres d'Hiwojima soit moins plat.
Bon, demain débat Sarko-Ségo. Aujourd'hui, j'ai pas pu zapper sur une chaine française sans tomber sur les extraits des phrases cultes des anciens débats du second tour. Miterrand vs VGE, Miterrand vs Chichi, franchement c'est passionnant. Les hommes politiques avaient quand même autrement plus de stature que Miss Paule Ka et l'avorton à tête de gremlin. (Phase de haine généralisée. Ne pas tenir compte).
Adieu, gens d'ici et d'ailleurs
Quand j'aime une musique , je la passe en boucle pendant des jours entiers sans me lasser. Pôpa pense qu'il s'agit d'une méthode sournoise de torture maoiste , mais pas du tout.
(chai pas pourquoi les polices sont différentes. Canabloug chéri débloque)
Et ca j'aime pas, mais ca colle pas mal alors...
Eltsine est mort. L'enterrement a donné lieu à des caricatures plutôt pas mal. Genre il y a écrit "Mise en bière de Boris Eltsine", et tu as le cadavre dans son cercueil qui fait :"Eeeeh ben c'est pas de refus", ou "J'aurais préféré de la vodka". En tout cas, outre les puissants classiques , il ne fait aucun doute que ce seront pressés à la cérémonie les PDGs d'Absolute, Smirnoff, Jack Daniels et autres spiritueuxels personnages.
On peut m'expliquer l'intérêt d'un débat Royal-Bayrou avant le second tour ? Bayrou est out, en tout cas dans la course au second tour, alors pourquoi s'acharner à s'incruster ? Comme dirait Mr Sarkozy, est-ce que la troisième nation de la Coupe du Monde éxige de participer à la finale ? Qu'il entende rester dans le jeu politique, très bien, mais qu'il le fasse APRES la grande l'échéance. Ce qui est logique, c'est une confrontation entre ceux qui sont encore éligibles, pas une réunion de cassage de sucre sur le dos de l'ennemi commun. Heureusement, ce truc n'est pas encore fait. Les chaines nationales refusent de prêter le flanc à ces magouilles anti-démocratiques (et le temps de parole, dans tout ça ?), Canal dit oui, puis non et soit-disant que le PQR aurait subi des pressions de la part de l'UMP pour ne pas relayer ce débat. Enfin c'est ce qu'avance Mme Royal. A mon avis, c'est plutôt tsenteha et compagnie, mais bon. J'aime assez quand la vie politique française se marocanise.
Les urbanistes de Fes-la-Moche sont les gens les plus dénués de bon gout que j'ai jamais vu. Pour décorer la grande avenue qu'ils viennent de construire (plutôt chouette, d'ailleurs) ils ont foutu deux fontaines dédjeulasses, imitation kitsch-Dubaien. L'une ressemble à un oursin doré et argenté. On ne pige pas trop ce que c'est, peut-être des antennes de radio ou chai pas. L'autre, c'est une espèce de phallus de pierre grise, au sommet duquel un monde en marbre noir roule sur lui-même. Je vois pas le rapport avec ma ville, mais bon.En tout cas c'est tout bonnement ridiculement affreux.
Ok, j'avais rien de spé à dire.
Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs.
Edit1: que celui d'entre vous qui me lit de Niamey se manifeste !
Edit2: Tout fout le camp en Russie: Rostropovitch est mort, ce qui fait que le seul violoncelliste russe, et même tout court que je connais git maintenant six pieds sous terre.
Edit3: Et en Pologne, ça ne va guère mieux: les deux sinistres frangins au pouvoir font des crasses à un père de la démocratie .
Edit 4 :Harry un ami qui veut du bien à Mr C:
| 1 | societes secretes port de la barbe |
Got nothing special to say, mais j'ai envie de parler un peu et,parce qu'MSN est peu propice à ce genre d'épanchement sans réel objet, et que ceux et celles de mes amis qui ne sont pas connectés doivent être en train de dormir du sommeil du juste, c'est ici que je le fais. Ces derniers temps, je passe beaucoup de temps à regarder des plans de Paris, à pronocer le nom des stations de métro, à rouler sur ma langue le nom de ces rues, à situer mon possible foyer par rapport à des Resto-U, aux parcs, aux cinémas, aux centres commerciaux. Je planifie des trajets, je fais des projets, j'essaie de structurer un peu mon avenir, qui me semble pour le moment totalement anarchique. Ca ne sert sans doute à rien, mais c'est ma manière de me persuader que j'ai encore une prise sur ma vie, dont j'ai l'impression que je ne contrôle plus aucune composante. Je suis dans l'expectative, alors je fait tout pour me balayer cette impression d'impuissance, pour me donner l'illusion que je suis agissante, et que je ne subis pas tout ce qui m'arrive, ou ne m'arrive pas. C'est sans doute une attitude de vieux, ou de maniaque, ce besoin de tout cadrer, ou en tout cas cette tendance obssessionelle à se projeter dans le futur, à craindre les impondérables, à rechigner à faire le grand saut sans avoir fait une descente de reconnaissance. Quand on est jeune, on n'a peur de rien, normalement. On ne pense à rien, on ne prévoit rien, tout au moins rien se rattachant à des détails d'ordre pratique.
Outre les nombreuses activités purement scolaires qui feront ma joie pendant ces quatorze prochains jours, je vais devoir consacrer du temps à mon entretien. Il me faudra me tenir au courant de l'actualité géopolitique et économique, en plus d'une connaissance approfondie du programme. Je ne sais pas au juste de quel programme ils veulent parler. Celui de géographie, de philosophie, d'anglais, ou bien des trois à la fois ? Ou même, ultime catastrophe, de celui de mathématiques ? Il faut avoir confiance en toi, ne cessent de proclamer chacun de mes deux parents. Oui mais, chez moi, le nom "confiance" reste associé au mot de Nivelle, et la funeste issue de la bataille à la veille de laquelle il le prononça me semble mal augurer de la réussite de mon entreprise. Certaines personnes ont décidément très mauvaise influence sur moi, et malheuresement, cette influence ne risque pas de décliner, tout au moins jusqu'à la fin de cette longue année de terminale . Il y a des gens comme cela qui, sans que l'on sache vraiment pourquoi, comptent à vos yeux, et que vous instituez juge de vos actions. C'est ce genre de personnes qui vous font imperceptiblement évoluer, en vous amenant à découvrir de nouvelles choses, à sortir de vos confortables préjugés, à devenir vous même quelqu'un. Une sorte de tuteur dans le sens formateur du terme ,mais un tuteur inconscient de lui-même, de la place qu'il tient pour vous, de son empire sur vos actes, de la confiance que vous placez en lui, de l'autorité -pas forcément effective-qu'il représente à vos yeux, et ceci indépendament de toute considération d'ordre sentimental. Ce lien indicible, unilatéral et peut-être insoupçonné est, à mon sens, bien supérieur au simple rapport affectif, car il n'en a pas le pouvoir de destruction. C'est peut-être la seule différence entre Ghita et moi, mais elle est de taille.
Je ne suis pas quelqu'un de fragile. Je suis même plutôt solide, surtout depuis que j'ai appris à ne plus porter mon coeur en bandoulière. Je suis beaucoup plus détachée .Mon angoisse ne me paralyse plus comme elle a pu le faire il n'y a pas si longtemps. Je vacille quelque fois, près de tomber dans ce précipice qu'est l'appréhension, cette crevasse froide et dure, où règne le dégout de soi, la haine des autres, la peur du reste. Et puis non. Mon moi n'est décidément pas morbide, et cette formidable vitalité qui m'habite m'empêche de trop longtemps m'appesantir sur ce qui ne va pas. Ce sont aussi mes amis qui me font aimer la vie. Ils me rendent meilleure à mesure que je les trouve eux-même meilleurs.
Vous devez sans doute me trouver bien grave, tout à coup. C'est que l'heure s'y prête. Ces derniers jours ont des relents de petite mort. Tout changement est une petite mort, et le changement brutal, irréversible, qui s'annonce me pousse à la réflection. S'interroger sur ce que je laisse derrière moi, mais aussi sur ce moi qui ne sera jamais plus. Je ne suis conséquemment pas d'humeur très badine...
Mais laissons cela. Ce post commence à devenir dangereusement nombriliste. Parlons de quelque chose auquel vous trouverez de l'intérêt. Parlons de politique. J'ai envie de faire un post sur les élections marocaines, pour nous changer un peu du trop-plein d'images et de mots autour de ce qui se passe en France. Peut-être demain. En attendant, suivons le mouvement. François Bayrou a déclaré qu'il ne formulerait aucune consigne de vote pour le scrutin du second tour. Voilà 7 millions de personnes privées de leader d'opinion, et obligées de choisir elles-même leur nouveau champion. On peut s'affliger que ce personnage insipide soit promu au rang de leader d'opinion, ou regretter que ces 7 millions d'électeurs ne soient finalement guère autre chose qu'autant de moutons de Panurge, la voix de leur maître, dépourvus de tout compétence politique, et incapables d'exprimer autre chose qu'un sentiment viscéral. Se pourrait-il qu'aucune des tractations, avec l'UMP et le PS, n'aient convaincu Mr Bayrou de se défaire de la logique de rupture qui a jusqu'alors été la sienne ? Ne lui propose t'on pas les maroquins qu'il demande, ou bien est il des la race des incorruptibles ? Cette attitude montrerait un glissement de l'UDF, traditionellement de droite, vers une tendance un peu plus socialiste, si toutefois son refus de soutenir Nicolas Sarkozy ne tenait pas précisément à son inimitié marquée pour ce dernier. C'est d'ailleurs clairement ce qui ressort de son discours: il ne soutient pas Ségolène Royal à cause de son programme, et pas Mr Sarkozy à cause de sa personnalité. Son argumentaire concernant ce dernier est d'ailleurs étonamment pauvre: il se limite à reprendre les éternelles accusations d'ultra-libéralisme et de sacrifice des acquis sociaux, et celles non moins éculées de xénophobie et d'autoritarisme. Mr Sarkozy fait peur. Mais l'on a tendance a oublier que, dans un pays tel que la France, il est des choses qu'il ne pourra pas faire. Qu'il touche aux trente-cinq heures, ou à la Sécurité Sociale, qu'il ait une politique migratoire un peu trop musclée, et c'est toute l'opinion publique qui se dressera contre lui. Il faut parfois faire confiance au peuple pour éviter les dérives des hommes de pouvoir. En gros, il ne pourra pas faire n'importe quoi, et la France ne se transformera pas en paradis de néo-libéral.
Bon, je songe sérieusement à aller me coucher. Demain, je débarque à Meknes-la-Pustule pour travailler la pièce que nous devons jouer. Espérons que j'en revienne regonflée à blog.
Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs.
Début officiel des vacances scolaires. C'est marrant comme l'expression "vacances scolaires" change de sens à mesure qu'on avance en âge. Jusqu'à mettons quinze ans, elle est synonyme d'heureuse tranquillité, de paresse, de voyages, enfin de zénitude absolue . Après, les choses se gâtent singulièrement. Ainsi , être en vacances , dans le sens- fort interessant- que lui attribue l'écrivain Robert Orban, à savoir n'avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire, est un état totalement absent de la vie des lycéens de terminale. L'expression -conservée par ce tas d'hypocrites du ministère de l'Education- prend alors une signification tout autre, ô combien déplaisante, que l'on pourrait résumer par "trimer comme un esclave, et s'user les yeux sur du travail scolaire pour ne pas rater son bac". Les élèves de terminale en "vacances scolaires", surtout celles qui viennent de commencer, ne sont pas fondamentalement différents d'oies à gaver, à part qu'ils n'absorbent pas du grain mais "Les relations internationales de 1945 à nos jours", ce qui n'est pas loin d'être aussi indigeste.
Paradoxalement, c'est aujourd'hui que cessent mes vacances scolaires. J'ai fait mon petit planning, avec les heures consacrées à chaque matière, tout clean, avec une couleur par matière. Les maths sont en rouge. On dirait qu'on a saigné sur la feuille du planning.C'est assez terrifiant car je sais que pendant ces heures-là, mon cerveau va vraiment souffrir. Le bleu ne m'apaise pas plus, c'est la couleur de la bio. Il y en a beaucoup trop à mon goût. Quant au jaune, c'est carrément l'horreur, car il symbolise l'arabe.Ma feuille a l'air d'avoir choppé la jaunisse, ce qui est normal sachant qu'on a rien moins que dix-sept textes à apprendre. Mais vous savez tout ceci,inutile de me répéter. Le vert pour l'histoire géo, le rose pour la physique chimie, le marron pour la philo, et ça aussi, il y en a trop. Avec toutes ces couleurs criardes,ma "feuille de route" ressemble à une mozaique en zellige bas de gamme, et ce n'est pas très motivant... Mais bon, j'ai intérêt à m'y tenir car autrement, il est inutile que je me donne seulement la peine de passer ce fichu examen. Je n'ai pas une minute à perdre. Genre par exemple, là je ne devrais pas être entrain de faire ce que je fais, c'est à dire rien. D'ailleurs, je me suis disputée avec mon père à ce propos. Monsieur Pôpa voulait que j'aille à Paris la semaine prochaine pour passer l'entretien que j'ai finalement décroché (Allelujah). T'es fou, papa, c'est bon, si je vais ne serait-ce que trois jours à Paris pendant ces vacances, je rate mon bac, il n'y a pas à discuter, c'est non. Finalement j'ai gagné, je n'y vais que le 23 mai. Ca me saoule de rater des cours mais bon, il faut ce qu'il faut. Alors maintenant, y'a pas intérêt à ce qu'il me voie flémarder, sinon il va me ressortir le truc à chaque fois.
En plus, il faut aussi que je ménage des heures consacrées à l'option théâtre. Il faut faire une espèce de dossier dans lequel tu choisis une pièce que tu as vue jouée, et dont tu décortiques la mise en scène, en parlant du jeu des acteurs, des costumes, 'fin tout ce qui fait une représentation théâtrale, quoi. La vie culturelle de Meknes-la-Pustule étant proche du néant absolu, a fortiori pour les évènements ayant trait à l'art dramatique, il n'y a pas masse de choix de pièces, d'où la grande originalité qui nous guette tous. Pour éviter ça, je vais choisir une pièce que j'ai vu il y a deux ans, alors je ne vous dis pas combien précis seront les détails de la mise en scène. Le seul truc que je me rapelle, c'est que j'avais trouvé l'acteur principal incroyablement sexy, qu'il m'avait fait visiter les coulisses, et que c'était une expérience extrêmement troublante, mais je ne pense pas que le récit de mes émois interesse beaucoup mes examinateurs. Je compte un peu sur Gogole mon ami pour me rafraichir la mémoire, et beaucoup sur ma capacité à pondre un baratin suffisament crédible pour être gobé par une Dream Team de trois professionnels du métier. De plus, sachant qu'il y a également un entretien, je dois employer ces 15 jours à combler ma crasse ignorance du théâtre, afin que le jour J, je sois capable de parler d'Ariane Mnouchkine, de Peter Brook ou de Jean Vilar comme si c'étaient mes meilleurs potes. Il y a du pain sur la planche.
Bon, sinon le bal de promo est finalement passé. Je me tâte encore pour savoir si c'est passé "bien" ou passé "pas bien". C'était assez bizarre, en fait. Au début, l'ambiance était assez guindée. Les gens -surtout les filles- s'observaient du coin de l'oeil, pour jauger tenue, maquillage et coiffure . Pour se préparer, tout le monde a été chez le coiffeur pour se babylisser les cheveux (ça veut dire les faire boucler comme les tifs des poupées), les brushinguer (indispensable si, comme moi, on a les cheveux qui, au naturel, ressemblent à de la laine de fer), ou simplement les coiffer. Au début, je n'avais pas l'intention de leur faire quoi que ce soit de spécial, si ce n'est de les ramasser en chignon bas tout simple. Mais finalement, devant l'air dubitatif de ma copine Rita-Fashion-in-ze-blood, je me suis laissée convaincre de faire faire ça par une pro. Mais d'abord, il fallait se maquiller. Alors là, grand moment. Tu t'allonges sur une table façon rendez-vous chez le dentiste, et tu regardes la peintre, celle à qui tu vas confier ta djeule, se pencher sur toi , en susurant d'un air gourmant :"Ne t'inquiète pas ma jolie, je vais bien m'occuper de toi". Oh, j'aimerais assez ne pas m'inquiéter, mais le maquillage de ma maquilleuse ne m'inspire guère que de la crainte, de même que celui de la fille qui m'a précédée entre ses épaisses pattes de matrone. Quelque chose entre les sérigraphies wharoliennes, et les voitures tunées. Maman. Je crois que je l'ai saoulée avec mes "S'il vous plait, quelque chose de LEGER, TRES léger, très DISCRET !". Bon, elle s'affaire à me malaxer la figure avec des trucs bizarres, elle me passe un crayon sur les yeux, sous les yeux, autour des yeux, dans les yeux, ect... enfin elle me maquille, quoi .Tout ceci sans que j'aie aucune idée de ce qui est en train de se tracer sur ma tronche, d'où mon angoisse palpable. Fin de la scéance, regard au miroir pour soumettre son oeuvre au juge ultime, c'est à dire moi. Réaction : grand silence puis... Ahahahahaha, qu'est-ce que c'est que cette horreur ! Un démaquillant, viiiite ! Explication: apparament, la bonne dame a mal interprété mon désir d' effet "bonne mine", parce que le truc que j'ai sous les yeux (nan, ç'pas moi c'machin!) a l'air d'avoir un coup de soleil, ou d'être tombé sur un terrain de tennis. Toute enfarinnée, couleur Terre de Sienne, voilà ce que je suis ! La bonne dame, véxée comme un pou, a fort heureusement réfréné ces ardeurs chapeluriennes, et est revenue à des quantités plus acceptables. Maquillage emballé. Coiffure emballée. Retour chez Soubi, enfilage des fringues, priage pour que je ne me casse pas la djeule sur mes petits talons de rien du tout déja trop hauts pour moi, et zou ! Nous y voilà ! Petit moment de gêne, vite passé, et tout le monde se retrouve dans la salle super bien décorée, à se trémousser.J'ai bien aimé regarder les gens danser, l'on découvre que les grandes personnes ne sont en fait que des enfants déguisés. C'était plutôt une boum de promo qu'un bal, en fait. Mais enfin c'était plutôt chouette. En tout cas en deuxième partie de soirée. Entre les deux, il y a eu ce dîner complètement raté, super tendu, coloré par l'irruption de Kiba en pleine démontration de sobriété et de connerie. Je me promets d'apprendre à boire avant de me donner en spectacle de la sorte, c'est d'un ridicule ! Je suis complètement imperméable à ce genre de gesticulation éthylique soi-disant marrantes. 'Fin bref, l'essentiel est tout de même le fait que tout le monde se soit bien amusé. Enfin certains moins que d'autres. Par exemple, ma copine Ghita aurait vraiment aimé y voir une personne et a été très déçue de son absence.Je me demande comment elle va réagir quand, devant poursuivre ses études, elle cessera définitivement de la voir. Nous lui posons souvent la question, et n'obtenons pour réponse que des "J'y pense pas", agrémentés de grognements menaçants. La vie dans l'amour fou est, pour Ghita, une série de maintenant étayée par un passé soigneusement censuré et par un avenir nébuleux. A présent, nous pouvons arrêter de nous tourmenter pour cette fichue soirée .Changer de souci fait autant de bien que prendre des vacances, comme on dit. Maintenant, mon souci numéro un est le bac. C'est ce qui me tient lieu de vacances...
Bien, je pense qu'il est temps d'achever ce post et de reprendre mon visionnage compulsif des épisodes d'Ayashi no Ceres le cours sur les nombres complexes.
A plus, gens d'ici et d'ailleurs.
Edit: Mes lecteurs ont de l'humour :
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Je sais, je m'y prends un peu tard pour vous semoncer, mais après tout il n'est que 18h, et les bureaux de vote ne ferment pas avant... je ne sais pas exactement, mais j'espère pas avant 18h, sinon tout ce que je suis en train de faire, c'est me couvrir de ridicule. On ne peut pas dire que j'ai été très bavarde sur cette élection présidentielle, ni d'ailleurs sur la campagne électorale navrante qui l'a précédée. Mais bon, au regard des velléités abstentionnistes de certains, j'ai senti qu'il fallait, au moins pour la forme, dire un petit mot pour exprimer mon espoir que ce moment historique ne tourne ni à la farce ni au drame. Donc il faut voter, ça c'est sûr. Mais il faut surtout voter utile et réaliste. Gaspiller sa voix pour je ne sais pas, Nihous, ou Voynet, ou un truc comme ça qui fera pas 5%, franchement ça ne sert à rien, et ça peut être très dangereux. Parce que ces 5 pourcents semés au vent font le jeu des Le Pan, de Villiers et autre gentils messieurs sous qui la France ne sera pas bien jolie à voir. Mais sinon, que ce soit pour Sarkophage, Bayrou-Béarn, ou Sexy Ségo, ou n'importe qui de crédible, et même si c'est triste, et que vous, votre truc, c'est plutôt Bové et les écolos, ben chai pas, faites vous violence, et soyez entendu. Et de grâce, ne votez pas blanc ! Inutile de se déplacer si c'est pour jouer une pantomime ! Restez chez vous, c'est mieux !
Je suis contente, mes professeurs sont de bons citoyens. Enfin en tout cas ils votent. Après, peut-être votent-ils Le Pen, mais ça c'est leurs oignons, c'est leur bled. Et si il y en a pour voter blanc... Not on my business, comme disent les ricains. Ma copine Assoul les a vus en train de faire la queue au Consulat de France de Fes-la-Moche ce matin. Sa maman, curieuse de voir ces profs dont Assoul lui a tellement parlé, les a suivi en voiture. Elle les a filé quasiment jusqu'à l'autoroute, limite si elle ne les raccompagnait pas jusqu'à Meknes-la-Pustule. Assoul est actuellement très fatiguée nerveusement.
Sinon, j'ai découvert un super manga : Ayashi no Ceres. Ca parle d'une nymphe qui se fait dérober sa robe de plumes et il se passe des tas de trucs, et il y a une histoire d'amour, il parait. Enfin je n'ai pas encore très bien compris, j'ai commencé par l'episode 3 .Mais j'adore le trait et l'intrigue a l'air chouette.
Ben voilà.
A plus, gens d'ici et d'ailleurs.
Edit: je viens de voir 7 épisodes de suite de Ayashi no Ceres ! Je suis accroooo !
C'est bien la pire folie de vouloir être sage dans un monde de fous, disait Erasme. Eh bien qu'à cela ne tienne, cessons de lutter, laissons aller au vent les bribes de raison qui subsistaient en notre esprit, et abandonnons nous à la démence qui semble désormais être la norme sur cette jolie petite planète bleue perdue dans la sidérante immensité sidérale. Deux bombes humaines qui explosent et Casablanca se met à ressembler à un tableau de Jérôme Bosch, avec des petits bouts de cervelle sur les jolies vitrines du Boulevard Moulay Youssef, on appelle cela du terrorisme dans les journaux, on met mon gentil Maroc sur la liste des "pays à risque" . C'est difficile à accepter mais il faut se rendre à l'évidence, j'habite un pays qui, potentiellement pourrait être un point de ce fameux Axe du Mal Dabeulien. Nous n'avons pas de pétrole, et notre roi ne nous fait pas écarteler pour un oui ou pour un non, alors il est certain qu'il faudra que les éminences grises de Vachington trouvent d'autres raisons que pour l'Irak ou l'Iran pour justifier une petite invasion, mais je suis confiante en leur professionnalisme de puissants convaincus de leur bon droit de peuple blanc de marcher impunément sur la gorge d'un peuple brun.Mais nous n'en sommes pas encore rendus à cette extrémité.
Je manque de termes savants pour en rendre et compte, et mon analyse gagnerait certainement à être nuancée, faute d'une connaissance réelle des tenants et des aboutissants de tout ce qui se passe, mais je ne pense pas me tromper en disant qu'en gros et même en détail, les choses vont plutôt mal au royaume chérifien. Faut pas croire, j'aime mon pays, même si pour l'instant, je n'ai qu'une envie, c'est de mettre les voiles loin loin loin de tout ce qui porte la marque marocaine. Je suis une piètre ambassadrice, j'en suis consciente, moi qui serais bien incapable de vous citer le nom de plus de deux partis politiques marocains. Il faut dire, à ma décharge, qu'avec la balkanisation que connait la vie politique du pays seul un expert pourrait faire la différence entre le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), le Parti Socialiste Democratique (PSD), l'Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) et l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP). C'est quoi ces noms de merde ? D'ailleurs personne ne les utilise. Ici on dit, le parti de l'âne, du dauphin ou de la lampe à huile, en référence aux objets qui symbolisent le parti. On vote pour une lampe à huile ! Bon dieu de république bananière à la con...
Il y a un terreau propice à l'implantation des idées extrémistes au Maroc, c'est une réalité indéniable. Si certaines villes comme Casablanca, Marrackech, Tanger,Rabat ou Essaouira connaissent un développement économique certain, le reste du pays c'est, pour le dire simplement, la zone. Dans les campagnes,les gens vivent parfois dans la plus effroyable misère. Je ne parle même pas de la campagne profonde, là où il n'y a même pas l'électricité, là où tu peux vraiment te croire revenu à l'âge des cavernes. Prenons simplement simplement le cas de ces petits hameaux.'Fin des hameaux. le terme est trop pompeux! Une grande rue avec des cafés, une épicerie ,une téléboutique et deux trois pauvres maisons de part et d'autre de Main Street, qui est d'ailleurs la seule street. Les jeunes de ces bleds n'ont qu'un désir, c'est de se tailler à Casa pour se faire du blé, Notre prof d'arabe nous a par exemple parlé d'un bled nommons le Zhiliga : 1700 habitants. 30 bordels.500 prostituées. Pas des vraies putes, qui ont-si j'ose dire- du métier mais des gamines de pas 15 ans, parfois vendues, parfois qui font ça pour avoir de quoi ne pas crever de faim ? Il est où l'espoir , là dedans ? D'après le même prof d'arabe, les marocaines sont connues pour la putasserie. Dans les pays du Golf, tout le monde veut sa pute marocaine, il parait. C'est du dernier chic. Alors depuis que le pôpa de notre actuel roi, a choisi d'encourager les islamistes pour contrer les gauchistes, en appelant à lui les fameux wahabites d'Arabie Saoudite, ces derniers en ont profité pour semer tout un tas d'idées malsaines dans ces jeunes gens en révolte contre leur absence d'avenir et même de présent. Ils ont noyauté l'Education Nationale, les mosquées et pollué jusqu'à l'ambiance dans les rues.
Pour en finir avec ce triste- et malheureusement lacunaire- constat des plaies de là où je vis, et pour en revenir à mon postulat initial, non moins dérageant, à savoir que the whole world is going insane, je voulais revenir sur la tuerie style Columbine qui s'est produite à Virginia Tech, en Virginie je suppose. Vous êtes sûrement au courant, vous dont l'internat ne fait pas bunker. Un jeune homme, après avoir abattu deux jeunes dans un dortoir, s'est rendu dans l'amphi d'allemand de cette université, et a ouvert le feu, tuant 30 personnes avant de se donner lui-même la mort. En France, Nicolas Sarkozy parle d'eugénisme, et les réactions suscitées, surtout chez les intellectuels, ressemblent plus à de la masturbation intellectuelle qu'à un véritable débat. En Afrique, c'est la merde, mais ça c'est pas nouveau. Les Chinois votent une loi sur la propriété. Sur la planète entière,le jaune est la couleur à la mode cet été. Heureusement que je me dore en deux minutes de soleil, sinon bonjour le teint de navet !Et regardez ces stats, la planète entière entière est contaminée par moi! De la folie pure, moi je vous le dis !
Bien. Je n'ai pas la force de faire une transition, alors je veux et j'exige que nous changions de sujet. Enfin je suis marrante, parce que c'est que moi qui parle, donc je change quand ça me plait, m'enfin c'est pour vous donner l'illusion de la participation , comme Ségo tu vois. Alors on va parler du cours de philosophie. Pas de philosophie tout court hein, je ne m'en sens ni l'envie ni les capacités - en tout cas ,pas là tout de suite. Ce cours donne la mesure de la vertigineuse baisse du niveau culturel qui sépare les générations. Mon prof de philosophie est capable de te faire tout un discours sur le potloch amérindien, ou les mérites comparés de Toscanini et Rajter, ou le tofu au saumon, ou le point de croix finlandais, ou la mémoire de l'eau, ou tout. Cet homme sait tout. Il m'intimide. Quand je lui dis que j'aime la littérature américaine et qu'il me demande quels auteurs je préfère, ce que je trouve à répondre, comme une gourde c'est Steinbeck, ce vieux machin que je n'ai plus lu depuis que j'ai douze ans. Où étaient cachés les Harper Lee, les Gertrude Stein, les Phillip Roth les Michael Cunningham et autres Salinger quand j'ai besoin d'eux ? Bloqués dans mon crâne par le manque de confiance en moi, la peur de ne pas être à la hauteur... J'ai tout à apprendre, même à parler. C'est stimulant, et en même temps légèrement effrayant.
A part ça , finalement l'expo-débat sur les lycées français du soleil s'est plutôt bien passée. On a rencontré les deux journalistes dont l'une, la plus truculente, a mené avec nous un débat animé et plutôt sympathique, d'où il ressortait en gros que les jeunes marocains de la mission Française étaient affligés d'un complexe de supériorité surdimensionné, et que ce n'étaient plus tellement des creusets de cultures, sachant qu'à part les profs, il n'y a que des locaux, mais bon on est bien contents qu'ils soient là quand même. Je ne sais toujours pas si cela valait le coup de rater deux heures de physique, sachant que le cours d'après, j'étais complètement à la ramasse, mais sur le coup, c'était assez interessant et plutôt marrant, bien qu'à mon avis, banaliser les deux heures d'histoire-géo était un acte de terrorisme scolaire, sachant qu'on a pas foutu grand chose de 4 à 6, et qu'on ne terminera pas le programme, mais ce n'est que mon avis, et comme je ne suis pas encore maitresse du monde, mon avis vaut quelque chose comme des clopinettes.
Mercredi midi, nous sommes allés manger dans un bouge infâme au nom trompeur de Palais du Poulet. Avisée comme je le suis, je n'ai mangé qu'une salade, ce qui m'a permis d'éviter l'intoxication qui a touché mes trois comparses. Mais ça m'a filé les crocs alors je me suis rabattue sur les gateaux au chocolat de ma copine Assoul. C'est affreux, la tentation. Ces gateaux me chuchotaient à l'oreille "mange moi, je suis bon, je fond dans la bouche, allez mange moi", et j'ai bien essayé de faire taire leur diabolique babil, mais ma faiblesse naturelle quand il s'agit de sucreries m'a fait flacher, et je les ai gentiment euthanasiés. Je n'ai aucune volonté, c'est un truc de fou. Sinon il y avait ciné-club. Twin Peaks, de David Lynch, est vraiment génial, effrayant, magnétique, étrange, déroutant, repoussant, dérangeant, bizarre et tout et son contraire. Je suis totalement fan. J'adore la psychologie de ce réalisateur dont le génie doit contenir quelques grains de folie. Je vais vraiment finir par croire que mon prof est un tueur en série, avec tous ces films glauques qu'il nous passe.Ce matin il y avait une interro de maths. J'en ai marre, des interros de maths. Je vous assure, à la base, je ne suis pas quelqu'un de bête en maths. Certes je ne suis pas Einstein non plus, mais tu vois quoi, zama je sais faire deux-trois trucs, pour peu que je me concentre un minimum.
D'ici lundi, je dois apprendre à marcher avec des talons, moi qui, mesurant 1m78, n'ai jamais au grand jamais mis de chaussures à la semelle plus épaisse qu'un centimètre. Et je suis sensée valser avec sans trouer les pieds de mon partenaire. Ca, c'est du défi sportif. Et tant pis pour ceux qui rateront ça.En plus il pleut à donfe. Et à cause de ça mon ouikène escalade au Djebel Zalagh est comme qui dirait compromis. Mon coeur va pas tenir , à attendre la réponse d'IPESUP. Et ces phrases juxtaposées en dépit du bon sens sont le signe d'un délabrement mental avancé, alors là ,je crois qu'il est temps de dire au revoir.
Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs.
Lula Da Silva Power ;) !!!
Aujourd'hui, enfin, hier depuis pas longtemps, c'est l'anniversaire de mon frérot chéri qui a 22 ans. On lui souhaite tout le bonheur , l'amour, le floussa, le stage en entreprise qu'il veut ! Je t'aime Ismachou !
Chers lecteurs, nous sommes aujourd'hui vendredi, ce jour surprenant qui suit jeudi tout en précèdant samedi. Cette caractéristique hautement remarquable n'aura surement pas échappé à votre perspicacité confondante.Par ailleurs, à moins d'être idiots, et seuls quelques uns d'entre vous le sont désespéremment, vous aurez remarqué que je ne bloggue-sauf rares exceptions- que ce jour là et heureusement, diront les plus mauvaises langues. Mais je m'égare. Nous sommes un vendredi d'un genre bien particulier : un vendredi portant l'estampille maudite du diable, ou alors celle marquée par la grâce de Godot, on ne sait plus très bien de nos jours. En tout cas un vendredi exceptionnel.Et bien, avec mon sens aigu du grandiose, je me suis dit qu'une telle rareté devait être fêtée en grande pompe, aussi ai-je concocté ce post, véritable merveille fabuleusement ininteressante et fantastiquement triviale.
Mais avant, une brève chronique des évènements insolites dont mon pays est le théâtre .Cette semaine, dans une obscure petite bourgade de nom de Mrirt, située dans le...euh... quelque part sur le territoire marocain a eu lieu la première peine prononcée pour un crime pas encore commis. Je m'explique. Ce qui s'est passé ressemble un peu à un remake déglamorisé de Minority Report :un jeune type à la peau huileuse, un peu crétin sur les bords, rêve que son voisin, trousseur de jupons invétéré, prend sauvagement sa maman (celle de l'échalas à frire) sur le carrelage de la cuisine. Une fois tiré de cette effroyable cauchemard, le jeune homme, paniqué et convaincu que sa vision est une prémonition, se lave le visage, s'habille pour aller au lycée,petit-déjeune de bon coeur, embrasse sa mère, et va tranquillement trucider son voisin d'un coup de poignard. Interrogé par la police déroutée,le jeune homme : "c'était de la légitime défense, il aurait violé ma mère, ce fils de chacal".Que répondre ? C'est flippant quand on y réfléchit. Imaginez que votre facteur, votre épicier, ou même votre meilleur ami rêve de vous commettant un crime. Il aurait alors toute légitimité pour vous occire sans rendre de compte à personne. Le procès du jeune visionnaire est en cours... Il y a aussi ce fait divers assez glauque qui s'est déroulé il n'y a pas longtemps à Meknes-la-Pustule, une ville décidemment plus trouble que sa façade déglinguée ne le laisse penser. Un avocat et sa femme se sont fait assassiner d'une manière digne de Hannibal le Cannibale :passés au hachoir à viande, réduits en kefta la jurisprudence, les objections, les votre Honneur, les effets de manche et tout le bazar. Je vais plus sortir du lycée moi, pas envie de me retrouver dans le sandwich d'un quidam parce que j'aurais croisé le chemin du Tueur à la tronçonneuse.
Mais vous le savez tous, il y a différentes façon de mourir. Rater son bac en est une, et certainement l'une des plus douloureuses. (Applaudissez à deux mains cette transition périlleuse accomplie avec brio) Apparament, tout le corps professoral s'accorde (ce qui est déjà en soi un évènement rarissime) à dire que nous sommes une bande de feignasses, et chacun à sa manière essaye d'être la pince à épiler magique qui nous otera ce monstrueux poil dans la main qui nous transforme en créatures hybrides,99%Popop-1%humain. Certains comme le prof de maths, jouent la carte du coach. Ca donne un truc genre "Le bac y se joue MAINTENANT! c'est pas le moment de se relâcher les TéSune, là ! C'est la dernière ligne droite, faut se donner à fond là !".Sérieux, il me fout les jetons. Il nous raconte les histoires de ses anciens élèves qui lui demandaient des tuyaux pour pas dormir et avoir de l'énergie, il nous exhorte à nous éxercer sur des annales à chaque heure de permanance, toussa. Ca me met plus mal à l'aise qu'autre chose, sachant que je ne fais plus rien depuis on va dire le bac blanc, soit quelque chose comme un mois et demie... Et s'il voyait ce à quoi j'occupe mes heures de permanence, il aurait une crise cardiaque. Tu as aussi le cas, plus rare, des profs qui sont eux aussi d'incorrigibles flemmards . Le genre à banaliser deux heures alors qu'on ne finira jamais le programme ou à te renvoyer à tes cours de première alors que tes cours de première, ils doivent maintenant servir de litière à une colonnie de rats dans une décharge publique, ou dans le meilleur des cas, de cornets à pépites chez le vendeur de fruits secs du coin. Le genre qui te fera jamais de fiches récapitulatives de la décolonisation et qui a le front d'affirmer que pour une compo "les connaissances ne sont pas si importantes que ça".
Mais bon. A part ça, il y a une expo pas mal qui s'organise au lycée, sous l'égide du prof-qui-s'en-fout-du-bac. Officiellement les élèves y participent, mais à part servir de manoeuvres pour déplacer les meubles, de scribes pour écrire les affiches, ou de colleurs pour-je vous le donne en mille- coller les photos, ils n'ont pas vraiment de rôle clé. Enfin c'est interessant de voir comment était le lycée avant. Il était beaucoup plus multiconfessionnel, avec des tas de français,des juifs sépharades, et des musulmans .Mais maintenant que Meknes-la-Pustule n'est plus vraiment un pôle d'attraction des étrangers (sauf les fous), la quasi totalité des élèves sont des marocains. Et puis il y avait des tas de clubs, un journal et tout.'Fin c'était chouette quoi.Je pense que c'est dans ces établissements-là que la France se fabrique ses admirateurs les plus inconditionnels. Moi par exemple, je remercie tous les jours le ciel que ma mère, ex de Descartes à Rabat, ait tenu tête à mon popa (qui à fait Moulay Ismael) et nous ait fait intégrer la Mission, à mon frère et moi. Franchement on peut dire ce qu'on veut de la France, mais on ne peut pas lui enlever que son enseignement est le meilleur du monde, pas seulement sur le plan des connaissances, mais surtout pour ce côté multiculturel, cette ouverture d'esprit... C'est spécial.
Arrêtons la les éloges. Passons à mon registre favori: les récriminations. Sujet de plainte numéro ouno: la bouffe. Cette semaine, les agents et les surveillants ont fait grève pour protester contre une hausse de leur I.G.R. Ben vous savez ce qu'on a eu à grailler ? Des CHIPS. Ouai ouai, des vulgaires chips grasses et dédjeulasses. Nan mais j'hallucine, elle est où la diététique s'il te plait, dans un repas constitué à 90 % de lipides, de sucres et de graisses ? Le stress du bac ne leur suffit pas, ils veulent nous achever en nous collant des problèmes cardio-vasculaires avec leur bouffe que Mc Do , il aurait honte de la servir ?
Sujet de plainte numéro dos: notre internat abrite des tarés mentaux. Une prostituée, deux-trois drogués, comment bosser au milieu de gens comme ça ? Jeudi soir, c'était le summum de la folie: une fille a fait semblant de tourner de l'oeil dans le couloir. Putain, elle jouait tellement bien la comédie que si je n'étais pas au courant du truc, j'aurais complètement paniqué. C'est d'ailleurs ce qu'a fait la pauvre surveillante de service cette nuit-là. C'était la foire, avec des cris, des éclats de rire, et tout le monde en train de filmer la soi-disant évanouie, genre super crédible. M'enfin je dois reconnaitre que c'était vraiment super marrant.
Sujet de plainte numéro tresse: mon intro ne colle pas, parce que quand je validerais ce post, il sera samedi 14. Fuck.
J'aurais bien continué, mais je me lève tot demain. (pas pour gratter des exos, mais pour aller à Rabat essayer de trouver un bout de tissu qui pourrait me servir de robe de bal pour ce bal qui ne me dit plus rien du tout)
Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs.
Finalement, la vie des Elève de terminale section scientifique du lycée Paul Valéry de Meknes-la-Pustule, Maroc (lycée de l'AEFE), je souhaiterais m'inscrire à votre foyer... argh, je m'égare complètement! Il faut dire que j'ai tellement écrit de lettres de motivation aux foyers religieux ces derniers temps, ou plutôt tellement recopié de fois la même qu'écrire certaines phrases m'est devenu quasiment machinal, tu vois y'a des mots comme "lycée paul valery", "élève de terminale" qui sont les stimulis de cette espèce de réflexe de Pavlov à la con.Nan mais attends, obtenir une chambre dans une de ces boites spécial prépa tenues par des bonnes soeurs, c'est un véritable chemin de croix. Lettre de recommandation du proviseur, du professeur principal, attestation de bonne conduite, de non fûmage limite s'ils n'éxigent pas un certificat de virginité .Mais l'on peut comprendre qu'ils ne souhaitent pas accueillir d'apache ou de détraqué sous leur toit, vu le toit en question. C'est rien que des bâtiment splendides avec des jardins ,en plein coeur du quartier Latin et toussa. Quoiqu'à mon avis, le risque est minime: il n'y a pas beaucoup d'élèves de prépa pétées de thune (ça coûte un max) qui risquent de se transformer en casseuses et de vandaliser le cloître 18ème qui leur sert de foyer, mais enfin ça n'engage que moi. N'empêche, j'aimerais vraiment aller en foyer. Je me sens pas cap d'assumer la vie en appart toute seule, moi qui ne sait même pas me faire une omelette un tant soit peu mangeable. Et puis, après la vie de basse-cour de l'internat, je déprimerais à fond, à rentrer le soir, toute seule dans ma cage à poule de 9mètres carrés à 500 euros le mois . Y'en a un qui me plait vachement: 72 chambres, chambre+douche+connexion OuiFi+demi pension en plein 4ème arrondissement à un prix pas trop prohibitif (enfin tout est relatif). "Elle sera au centre de monde" qu'il a dit le responsable à mon gentil-pôpa-qu'il-règle-toutes ces-tracasseries-administratives-pour-moi. Le centre du monde, la formule peut sembler prétentieuse, mais elle ne l'est pas du tout . Je serais à dix minutes du lycée Saint Louis, 5 minutes de Dauphine et à pratiquement pareil de là où je meurs d'envie de continuer à infliger des souffrances à mon crâne: IPESUP. Sans parler des magasins, des bibliothèques, des cinémas, des théâtres, des librairies. 'Fin de Paris, quoi.
Enfin bref, pour l'instant je suis encore dans un l'un des seuls coins du Monde oubliés de Dieu, ma chère Meknes-la-Pustule. Et apparament je risque d'y rester pour encore un bout de temps. Déjà, j'ai été refusée en fac de médecine à Nantes. Le choc. Pas que je tenais particulièrement à faire médecine, mais bon, tu vois lire REFUSEE en gras, ça fiche un peu les jetons. J'ai beau me dire que j'ai encore deux voeux (plus celui de rattachement, mais je préfère encore me prostituer que d'aller à Bordeaux. Je ne sais pas pourquoi mais cette ville me révulse. Pardon, si y'a des lecteurs bordelais et tout) et que de toute façon, ce que je veux c'est une prépa HEC, n'empêche, tu vois, je me disais ça me fait une roue de secours et nianiania, eh ben nan ha fmek! que dalle. La vérité, moi ce que je veux faire, c'est IPESUP. Si j'ai pas IPESUP, je fais médecine (si je suis acceptée). Si j'ai pas médecine non plus, je me jette sous le Fes-la-Moche/Meknes-la-Pustule, mais ceci est une autre histoire. Et ben même IPESUP commence à sentir le roussi, parce que pour le dossier d'inscription, ils demandent mes résultats de bac blanc. Or les connards de l'administration de mon lycée, malgrès les trésors de diplomatie employée (c'est moi qui devrais être à la place de Ban Ki-Moon), ne veulent rien savoir, pour la raison stupide que "ça ne s'est jamais fait à Paul Valery , et que de toute façon, c'est illégal de demander ça. On peut les coincer avec ça". Mais triple idiote, je ne veux pas les coincer avec ça, je veux qu'ils m'acceptent. Je m'en fous que ça soit illégal, c'est mes notes, je les écris sur un papier, et tu signes pour dire que j'ai pas triché , merde c'est pas compliqué. Même s'ils me demandaient des barettes de shit, je leur en enverrai ! Ben j'en ai rien à foutre, je vais leur envoyer mes copies de bac blanc, ça va juste peser plus lourd, mais au final, ça sera pareil. 'Tain quels bornés ceux-là !
Fin bref, je crois que je digresse .Revenons en à la phrase par laquelle tout ce galimatias a commencé:Finalement, la vie des élèves de terminale section scientifique ressemble au mythe de Sysiphe, avec le bac dans le rôle du rocher. En réalité, la phrase exacte est :la vie des élèves de terminale section scientifique HORS ceux du lycée Paul Valéry de Meknes-la-Pustule, Maroc ressemble au mythe de Sysiphe, avec le bac dans le rôle du rocher . Il règne en effet un curieux esprit de vacances: voyages scolaires à tire l'arigot (je ne suis pas certaine du bien fondé de l'utilisation de cette expression ici [ni même de l'orthographe], mais je l'aime bien alors je la mets quand même). On ne fout pas grand chose de constructif, on rit, on est zen peace cannabis... Et le bac qui s'approche à grand pas ne nous inquiète pas... du moins pas encore suffisamment pour frôler l'ulcère.
Bien, il est temps d'abréger cette prétérition qui n'a que trop duré pour enfin aborder le vif du sujet, à savoir le bal. Zéro robe à l'horizon, zéro idée de coiffure à l'horizon, zéro shoes à l'horizon... Autant dire que l'avenir est bien sombre. Nan finalement, on parle pas du bal, ça me stresse.
Mercredi midi, on avait prévu de déjeuner dans un des seuls snacks potables de MLP :un truc moche, décoré façon cantine de bébés mais dont les pizzas nous faisaient fantasmer depuis déjà quelques semaines. Donc, toutes contentes, on sort de LPV la bave aux lèvres, avec en tête les appétissantes pizzas aux fruits de mer, fromages ect...de la Grillardière .On cherche un tacot . Tiens, c'est bizarre,y'en a pas des masses. Et ils sont tous remplis. 5 min...10min...puis "Ah meeeerde ! C'est la grève des taxis, aujourd'hui !". Mais, coup de bol ! Sekah, camarade de classe, se propose dans nous emmener dans sa Mercedes. Chouette, merci Sekah ! Au moment où on arrive à côté de la voiture, on entends un bruit énorme du genre RAHAHZKJHDSIUGJBFKHBIILUGDZIIIING . Un car a embouti la voiture de Sekah, brisant le rétro, les phares, et massacrant la peinture. Réactions : Sekah et son père: Hmar, aji lhna, constat, constat ! Nous: hihihohohohuhiahaha. Je vous jure, on porte la poisse !Bon finalement on a opté pour le sempiternel Label Vie, mais ça nous a permis de nous réconcilier avec le Msiou Sirra de Ouarit. Mercredi soir, ciné-club. Blue Velvet. Super bizarre, super glaque, super vert, super tout court. J'adore David Lynch et son organe-isation!
Ce post ressemble à ma disserte de philo: mon intro fait le double de mon développement. C'est à chaque fois la même excuse, je suis KO. C'est pas des blagues, par exemple ce matin, la surveillante chiante, celle qui répète cent mille fois "wa allez les filles, réveillez vous" est venue nous tirer du lit à 7 heures du mat. Je dormais avec Zima et Ouarit. Je me lève, je retourne dans ma chambre et là je me dis, bon je fais un petit somme, et après je sors. Mon petit somme a duré 3/4 d'heures: j'ouvre les yeux , il est huit heures moins quart, je suis encore en pyjama ,pas coiffée, cartable pas fait, ventre vide... La survé, en faisant sa ronde, n'a pas bien fait attention en passant chez moi. Fin chais pas si vous comprenez que ça veut dire que je suis fatiguée, je ne sais plus bien ce que je suis en train de raconter, il vaut mieux que je dorme.
Bonne nuit, gens d'ici et d'ailleurs.