Début officiel des vacances scolaires. C'est marrant comme l'expression "vacances scolaires" change de sens à mesure qu'on avance en âge. Jusqu'à mettons quinze ans, elle est synonyme d'heureuse tranquillité, de paresse, de voyages, enfin de zénitude absolue . Après, les choses se gâtent singulièrement. Ainsi , être en vacances , dans le sens- fort interessant- que lui attribue l'écrivain Robert Orban, à savoir n'avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire, est un état totalement absent de la vie des lycéens de terminale. L'expression -conservée par ce tas d'hypocrites du ministère de l'Education- prend alors une signification tout autre, ô combien déplaisante, que l'on pourrait résumer par "trimer comme un esclave, et s'user les yeux sur du travail scolaire pour ne pas rater son bac". Les élèves de terminale en "vacances scolaires", surtout celles qui viennent de commencer, ne sont pas fondamentalement différents d'oies à gaver, à part qu'ils n'absorbent pas du grain mais "Les relations internationales de 1945 à nos jours", ce qui n'est pas loin d'être aussi indigeste.
Paradoxalement, c'est aujourd'hui que cessent mes vacances scolaires. J'ai fait mon petit planning, avec les heures consacrées à chaque matière, tout clean, avec une couleur par matière. Les maths sont en rouge. On dirait qu'on a saigné sur la feuille du planning.C'est assez terrifiant car je sais que pendant ces heures-là, mon cerveau va vraiment souffrir. Le bleu ne m'apaise pas plus, c'est la couleur de la bio. Il y en a beaucoup trop à mon goût. Quant au jaune, c'est carrément l'horreur, car il symbolise l'arabe.Ma feuille a l'air d'avoir choppé la jaunisse, ce qui est normal sachant qu'on a rien moins que dix-sept textes à apprendre. Mais vous savez tout ceci,inutile de me répéter. Le vert pour l'histoire géo, le rose pour la physique chimie, le marron pour la philo, et ça aussi, il y en a trop. Avec toutes ces couleurs criardes,ma "feuille de route" ressemble à une mozaique en zellige bas de gamme, et ce n'est pas très motivant... Mais bon, j'ai intérêt à m'y tenir car autrement, il est inutile que je me donne seulement la peine de passer ce fichu examen. Je n'ai pas une minute à perdre. Genre par exemple, là je ne devrais pas être entrain de faire ce que je fais, c'est à dire rien. D'ailleurs, je me suis disputée avec mon père à ce propos. Monsieur Pôpa voulait que j'aille à Paris la semaine prochaine pour passer l'entretien que j'ai finalement décroché (Allelujah). T'es fou, papa, c'est bon, si je vais ne serait-ce que trois jours à Paris pendant ces vacances, je rate mon bac, il n'y a pas à discuter, c'est non. Finalement j'ai gagné, je n'y vais que le 23 mai. Ca me saoule de rater des cours mais bon, il faut ce qu'il faut. Alors maintenant, y'a pas intérêt à ce qu'il me voie flémarder, sinon il va me ressortir le truc à chaque fois.
En plus, il faut aussi que je ménage des heures consacrées à l'option théâtre. Il faut faire une espèce de dossier dans lequel tu choisis une pièce que tu as vue jouée, et dont tu décortiques la mise en scène, en parlant du jeu des acteurs, des costumes, 'fin tout ce qui fait une représentation théâtrale, quoi. La vie culturelle de Meknes-la-Pustule étant proche du néant absolu, a fortiori pour les évènements ayant trait à l'art dramatique, il n'y a pas masse de choix de pièces, d'où la grande originalité qui nous guette tous. Pour éviter ça, je vais choisir une pièce que j'ai vu il y a deux ans, alors je ne vous dis pas combien précis seront les détails de la mise en scène. Le seul truc que je me rapelle, c'est que j'avais trouvé l'acteur principal incroyablement sexy, qu'il m'avait fait visiter les coulisses, et que c'était une expérience extrêmement troublante, mais je ne pense pas que le récit de mes émois interesse beaucoup mes examinateurs. Je compte un peu sur Gogole mon ami pour me rafraichir la mémoire, et beaucoup sur ma capacité à pondre un baratin suffisament crédible pour être gobé par une Dream Team de trois professionnels du métier. De plus, sachant qu'il y a également un entretien, je dois employer ces 15 jours à combler ma crasse ignorance du théâtre, afin que le jour J, je sois capable de parler d'Ariane Mnouchkine, de Peter Brook ou de Jean Vilar comme si c'étaient mes meilleurs potes. Il y a du pain sur la planche.
Bon, sinon le bal de promo est finalement passé. Je me tâte encore pour savoir si c'est passé "bien" ou passé "pas bien". C'était assez bizarre, en fait. Au début, l'ambiance était assez guindée. Les gens -surtout les filles- s'observaient du coin de l'oeil, pour jauger tenue, maquillage et coiffure . Pour se préparer, tout le monde a été chez le coiffeur pour se babylisser les cheveux (ça veut dire les faire boucler comme les tifs des poupées), les brushinguer (indispensable si, comme moi, on a les cheveux qui, au naturel, ressemblent à de la laine de fer), ou simplement les coiffer. Au début, je n'avais pas l'intention de leur faire quoi que ce soit de spécial, si ce n'est de les ramasser en chignon bas tout simple. Mais finalement, devant l'air dubitatif de ma copine Rita-Fashion-in-ze-blood, je me suis laissée convaincre de faire faire ça par une pro. Mais d'abord, il fallait se maquiller. Alors là, grand moment. Tu t'allonges sur une table façon rendez-vous chez le dentiste, et tu regardes la peintre, celle à qui tu vas confier ta djeule, se pencher sur toi , en susurant d'un air gourmant :"Ne t'inquiète pas ma jolie, je vais bien m'occuper de toi". Oh, j'aimerais assez ne pas m'inquiéter, mais le maquillage de ma maquilleuse ne m'inspire guère que de la crainte, de même que celui de la fille qui m'a précédée entre ses épaisses pattes de matrone. Quelque chose entre les sérigraphies wharoliennes, et les voitures tunées. Maman. Je crois que je l'ai saoulée avec mes "S'il vous plait, quelque chose de LEGER, TRES léger, très DISCRET !". Bon, elle s'affaire à me malaxer la figure avec des trucs bizarres, elle me passe un crayon sur les yeux, sous les yeux, autour des yeux, dans les yeux, ect... enfin elle me maquille, quoi .Tout ceci sans que j'aie aucune idée de ce qui est en train de se tracer sur ma tronche, d'où mon angoisse palpable. Fin de la scéance, regard au miroir pour soumettre son oeuvre au juge ultime, c'est à dire moi. Réaction : grand silence puis... Ahahahahaha, qu'est-ce que c'est que cette horreur ! Un démaquillant, viiiite ! Explication: apparament, la bonne dame a mal interprété mon désir d' effet "bonne mine", parce que le truc que j'ai sous les yeux (nan, ç'pas moi c'machin!) a l'air d'avoir un coup de soleil, ou d'être tombé sur un terrain de tennis. Toute enfarinnée, couleur Terre de Sienne, voilà ce que je suis ! La bonne dame, véxée comme un pou, a fort heureusement réfréné ces ardeurs chapeluriennes, et est revenue à des quantités plus acceptables. Maquillage emballé. Coiffure emballée. Retour chez Soubi, enfilage des fringues, priage pour que je ne me casse pas la djeule sur mes petits talons de rien du tout déja trop hauts pour moi, et zou ! Nous y voilà ! Petit moment de gêne, vite passé, et tout le monde se retrouve dans la salle super bien décorée, à se trémousser.J'ai bien aimé regarder les gens danser, l'on découvre que les grandes personnes ne sont en fait que des enfants déguisés. C'était plutôt une boum de promo qu'un bal, en fait. Mais enfin c'était plutôt chouette. En tout cas en deuxième partie de soirée. Entre les deux, il y a eu ce dîner complètement raté, super tendu, coloré par l'irruption de Kiba en pleine démontration de sobriété et de connerie. Je me promets d'apprendre à boire avant de me donner en spectacle de la sorte, c'est d'un ridicule ! Je suis complètement imperméable à ce genre de gesticulation éthylique soi-disant marrantes. 'Fin bref, l'essentiel est tout de même le fait que tout le monde se soit bien amusé. Enfin certains moins que d'autres. Par exemple, ma copine Ghita aurait vraiment aimé y voir une personne et a été très déçue de son absence.Je me demande comment elle va réagir quand, devant poursuivre ses études, elle cessera définitivement de la voir. Nous lui posons souvent la question, et n'obtenons pour réponse que des "J'y pense pas", agrémentés de grognements menaçants. La vie dans l'amour fou est, pour Ghita, une série de maintenant étayée par un passé soigneusement censuré et par un avenir nébuleux. A présent, nous pouvons arrêter de nous tourmenter pour cette fichue soirée .Changer de souci fait autant de bien que prendre des vacances, comme on dit. Maintenant, mon souci numéro un est le bac. C'est ce qui me tient lieu de vacances...
Bien, je pense qu'il est temps d'achever ce post et de reprendre mon visionnage compulsif des épisodes d'Ayashi no Ceres le cours sur les nombres complexes.
A plus, gens d'ici et d'ailleurs.
Edit: Mes lecteurs ont de l'humour :
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