Quand même, on vit une époque assez dingue. Il fut un temps-disons, de la chûte de Constantinople jusqu'au mois dernier- où les choses étaient simples: être blanc, c'était bien; être noir, moins bien; et être arabe, c'était l'abomination de la désolation. Tout celà était un peu injuste, certes, mais comme c'étaient les types les plus forts qui l'affirmaient, il fallait bien les croire. Il y a un demi millénaire, ces costauds disposaient d'arbalètes; aujourd'hui ils alignent dix mille têtes nucléaires, mais c'est tout comme: techniquement, ils ont toujours une longueur d'avance sur nous, pauvres métèques, et nous sommes réduits à quelque chose comme rien. Comme disait l'autre, on a inventé le zéro et on en est resté là.
Pardonnez moi ce préambule hautement philosophique après lequel nous allons, curieusement, parler de football. Il y a deux jours, j'ai parlé sur MesseN à mon frère, qui m'a raconté une anecdote plutôt bizarre qu'ont complètement zappé les médias français, peut-être parce qu'il faut vraiment être dingue de foot pour être au courant. Donc mon frère était en train de regarder paisiblement le Sparta de Rotterdam battre l'arrogant Ajax d'Amsterdam par 3 à 0. Intense jubilation, certes mais on n'est pas là pour parler de ça. On est là pour parler d'un incident qui l'a (et donc m'a) sidéré. A un certain moment, exactement à la 17è minute du match, le meneur de jeu de l'Ajax, l'international Wesley Chnaïdaire (phonétique, je te salue), énervé par un tacle un peu trop appuyé d'un joueur du Sparta, se retourne et hurle :
-Sale blanc.
Bon, c'était en néerlandais donc sur le coup mon frère n'a pas percuté (surtout qu'il n'a pas entendu), mais après Eurosport a fait tout un foin là dessus. Et pour cause: Chnaïdaire est aussi blanc et blond que, disons Le Pen, et l'autre aussi blanc et blond que Hermann Goering par exemple. Vous voyez Le Pen traiter Goering de sale blanc ?Jugez de mon désarroi.
Où va le monde, hein ?On ne s'y retrouve plus. Franchement il y a de quoi se présenter spontanément au Tribunal de Nuremberg, la corde au cou, et laisser les juges démêler l'affaire. En vérité le pâle Chnaïdaire utilisa une expression plus compliquée ("vuile witte tyfushond", merci gogole)qu'on pourrait traduire-d'après les reporters de Eurosport (en anglais) et mon frère (en français)(ce qui fait deux traductions, donc je ne garantis pas la correspondance parfaite avec les propos réellement tenus. M'enfin c'pas loin quoi)-par "Sale blanc atteint du typhus pour chiens", mais , pour ne pas effrayer les petits, on s'en tiendra à "Sale blanc". Il semble d'ailleurs que l'étonnante injure ait été inventée dans le feu de l'action par l'imaginatif avant-centre auquel on peut prédire un avenir de poète après que sa carrière de footballeur aura pris fin.
En tout cas, l'arbitre n'hésita pas à sortir le carton rouge et renvoyer l'apprenti-poète à ses études de chromatologie. Or-l'affaire se corse-ledit Chnaïdaire refusa de sortir au motif que "sale blanc" n'était pas une injure raciste. Sale Noir/Juif/Arabe/Tchétchène, ok tout ça c'est du racisme .Mais blanc ?Juristes, à vos Dalloz ! Voilà un cas que Maitre Vergès lui même n'aurait pas prévu. En tout cas, depuis un mois, le débat fait rage au pays de Rembrandt-le maître du clair-obscur. Est-il répréhensible de traiter les uns et les autres de blancs ?Et, tant qu'on y est, de Roses ?TOut le monde sait en effet que les blancs-j'en cottoie quelques uns- sont en fait roses.
Je crois qu'on assiste à la fin d'une époque. L'intrusion du footballeur Chnaïdaire dans nos consciences signifie peut-être la fin du racisme tel qu'on le connaît depuis les Croisades. Désormais, on est tous, quelque part, victime potentielle. Va donc, eh ,sale blonde aux yeux bleus... La fin de l'Histoire, annonçait Fukuyama. La fin de la Couleur, répond Chnaïdaire. Affolant.
C'est pas que je m'en foute qu'on ait prématurément cassé sa pipe à Saddam (arghh les requêtes gogole que ça m'annonce, ça :p ) ,m'enfin ce post, je le couve depuis jeudi. En plus si j'avais tardé, j'aurais du dire "l'an dernier", et ça le faisait pas trop. Déjà le mois dernier, ça date alors... Spéciale dédicace au pendu :Hung up!(oui c'est de mauvais gout mais que voulez vous je suis une faible. François Villon ils en ont pas fait une chanson, alors)
Bon sinon, pour continuer sur quelque chose de plus gai, j'vous souhaite à tous une cholie cholie année, ya! Beaucoup de bonheur,d'amûûûr, de belles rencontres, de sous (un pourcentage sur vos gains de l'année me sera bien évidemment reversé ) et tout pleins de chouettes choses, comme décrocher l'école de vos rêves -insérer ici THE thing you dream of- et pleins de poutounes tout partout sur les joues !!!Je vous aime fort les gens !!!(vous me le rendrez en commentaires, ou en virements sur mon compte aux Iles Caïman, merci)
Je trouve le mot "poutoune" vraiment trop mignon. Ca veut dire bisou :).
Ah mince(ter)! J'allais oublier : aid moubarak said à tous le monde, la paix , la santé, la prospérité sur vous, et votre famille jusqu'à la centième génération, et même la 101ème, je ne suis pas radasse :) .Demain, c'est la nuit des longs couteaux pour nos chères petites têtes frisées et cornues, les moutons. Mais il fera jour .Bien sûr. Bref, demain c'est bidoche pour 1milliard (ou plus, les chiffres et moi ça fait l'infini)de muslims :)
Dans un café de Washington, pas loin de Pennsylvania Avenue, je rencontre mon ancien condisciple à la crèche et toujours excellent ami John Verydeepthroat, lequel consent à me révéler tous ses secrets à condition que je paie son café au lait. John travaille maintenant dans le département "stratégie et orthographe" de la Maison Blanche. Avec une douzaine d'autres têtes d'oeuf, il élabore des plans terriblement compliqués puis il les dicte à George W. Bush, ce qui permet de faire d'une pierre deux coups: un plan, une dictée. Je n'y vais pas par quatre chemins :
-Jhon, où en est la stratégie américaine ?
Jhon, rayonnant :
-Nous avons découvert un mot fantastique dans le dictionnaire ! Coalition ! C-o-a-l, ...
-Oui, je sais à peu près comment ça s'écrit, mais encore ?
-Et bien voilà la solution !Pour tout problème, au diable les Nations Unies, nous cherchons quelques pays dans le monde qui ont le même point de vue ou les mêmes intérêts que nous, nous formons une cola... une cotla...on se met tous d'accord et nous bombardons Ahmadinedjad, je veux dire :nous réglons le problème et personne ne peut nous accuser de faire cavalier seul. Génial non ?
-Indeed, indeed... Tu peux me donner des exemples, John-john ?
-Pour commencer, Ahmadinedjad, justement. Les anglais le détestent à cause de sa francophilie: coalition avec les rosbifs !Nous pouvons maintenant dégommer l'Iranien en toute bonne conscience puisque nous ne sommes pas les seuls sur le coup. Ensuite, nous attaquerons tous les programmes des Nations Unies qui prétendent encourager le planning familial. Mais nous le ferons avec l'aide de l'Arabie Saoudite et du Vatican. Coalition !
-Avec le Vatican ?Ca me rapelle la blague du pou et de l'éléphant...
-Le traité de Kyoto, nous l'annulons avec l'aide des Iles Marquises et du Liechtenstein, qui se moquent du réchauffement planétaire. Saddam, nous le pendons haut et court avec le soutien de Sharon et du Costa rica. Chavez ?La mongolie nous appuie et l'Estonie n'est pas contre ?Le SOudan ?L'alliance Etats-Unis-Guatemala-Labrador détruira bientôt se repaire de terroristes. Plus rien ne pourra nous arrêter. Il ya deux cent pays dans le monde, le nombre de coalitions possibles est considérable.
-Oui,mais il n'est pas infini. Une fois que vous aurez définitivement pollué la planète, propagé le libéralisme sauvage et imposé partout la BIble à la place de Darwin, plus personne de sensé ne vous soutiendra.
John sourit mystérieusement , se penche vers moi et me murmure à l'oreille :
-Certes. Mais la NASA a déjà commencé à chercher des extraterrestres pour former une coalition contre le monde entier...
Une télé pendant les fêtes, ça ne sert à rien si tu n'as pas de lecteur DVD. Paskeuh les choeurs des mignons nenfants suisses tout blonds qui chantent "Heidi et son chien" ou chai pas quoi, c'est bon quoi, j'ai pas 70 ans non plus hein.La Suisse, c'est un pays de fous. La TSR c'est la chaine des Suisses, mais ce qu'ils montrent, mais ça fait peur quoi. Comment ils font les suisses, pour vivre dans un pays où un journal est capable de faire sa une sur l'adoption de la loi sur les muselières à chihuahua ?Où même pour déplacer un feu rouge, ils font un référendum ? Où la première news du journal de 20 heures c'est comment ils se sont organisés pour éviter que les Suisses un peu rock n'roll ne prennent le volant après s'être pintés pendant les fêtes. Ou alors sur l'obésité des petits romands, supérieure à la moyenne nationale. Authentique, hein! Vécu !Subi par bibi ! On critique l'isolationnisme des ricains, mais attends les suisses c'est mille fois pire! La partie "international" de leur journal ne dure pas 5 minutes !
Et les séries suisses, je ne te dis pas. C'est un coup à se suicider ces ptits machins, là. Les Pique-Meuron que ça s'apelle . Rien que le nom ça craint. Mais sérieux j'ai essayé de regarder, y'avait que ça à foutre. Deux minutes !Deeux minutes, j'ai tenu et je suis allée gerber ! Déjà moi les trucs vachement intelligents dits avec l'accent suisse,faut vraiment s'accrocher (et faut chercher aussi) . Alors des BLAGUES suisses, mais c'est surréaliste comment ça ne passe pas.
Mes parents sont fous de la Suisse. Le pays 5 étoiles, c'est comme ça qu'ils appellent ça. Ils aimeraient y prendre leur retraite.Moi je dis, ok pour des vieux, la Suisse, c'est comme un gigantesque hospice, ou tout est adapté aux facultés mentales déclinantes des pensionnaires . Mais les Suisses jeunes !Comment ils font, je vous en prie comment ils font ?
Rita, sans rancune. Suisses, je vous aime. TSR je te hais. Post écrit en état de manque télévisuel. J'me fais chier. La bosse me saoule. Aaaargh!
Edit [la minute tarée] : Y'a quand même des gens pervers dans le monde...
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parents d'élèves fes meknes photo nues | / |
J'ai fait une simulation de dossier de prépa sur ce site, pour voir à peu près ce que je pouvais raisonnablement demander. Morceaux choisis de réponses qui réconfortent ma race :
Ludmilla a dit :Bon j'imagine que tu n'espère pas Janson, ni Carnot et pour H4, LLg et ginette nn'en parlons pas :d. mais enfin t'inquiète, avec une remontée en philo, je suis sûre qu'un lycée de province quelconque voudra bien faire un ti effort.
Mais surtout ne t'inquiète pas , des lycées de provinces obtiennent des scores honorables pour l'esc lille ou rouen.
Bonne chance :p !!
Afrit a dit:l'écart entre ta moyenne en francais (17) et tes bonnes EAF (15 et 16= montre que c'était légerement surnoté
Soho (à Louis en talonettes) a dit:Des moyennes de classe à 12 décribilisent en partie le dossier et le fait d'avoir baisser de 2 points aux EAF par rapport à la 1°S ne favorise pas ton dossier comme l'a souligné Afrit... alors pour les lycées parisiens du Top 15 ça ne me semble pas réellement accessible
Mais allez vous faire foutre bande d'enculés !Mes putains de notes de français,je les mérite ! c'est pas parce que je me suis plantée au bac qu'on peut se permettre de remettre à ce point en cause mon niveau ! Sappeur professionels ou quoi ?C'est ça qu'on apprend en prépa ?A déstabiliser les autres ?Non parce que là ne déconnons pas non plus. Mon dossier, il n'est pas merdique à ce point !Un "petit lycée de province" ? Je préfère mourir !Je préfère médecine tiens ! Bande de snobs qui se prennent pour le nombril du monde! ! Sans blague, mais faut vraiment les écouter parler !(enfin lire ce qu'ils écrivent). Ca a vraiment l'air d'être des charognards !Putain il va serieusement falloir que je me blinde si j'arrive à en intégrer une, de vos saloperies de parisiennes !Je m'en fous moi que vous soyiez à Genevieve la pute, ou Harry 4 ou Jédébelcho 7 !
Bref bref bref. Le lion James Brown est mort ce soir. Ah c'est super Papa Noyel , ce sont deux très bo cado que tu me fais là ,espèce d'enfoiré .
Vous n'avez sans doute jamais entendu parler du Comité pour la Désharmonisation économique. Qui pourrait vous en blâmer? Ce groupe de joyeux lurons s'est immédiatement autodissous après le succès de sa première (et dernière) opération commando. De quoi s'agissait-il ?Tout simplement de s'introduire dans les magasins de luxe et de disposer ça et là, sur les étagères, des produits trouvés dans les poubelles, nettoyés et dûment pourvus d'une etiquette. Réussite totale:les clients et les employés n'y ont vu que du feu...On a acheté du rebut boulevard Haussmann et du détritus avenue Montaigne. Des hardes ont trouvé preneur et des chiffons ont trouvé pigeon. On s'est rué sur des petits riens qui coûtaient la peau des reins. Vive la société de consommation (et bon appetit) !
Quelles leçons peut-on tirer de cette expérience insolite ?D'abord, qu'il ne faut pas se laisser éblouir par le clinquant des magasins (c'est une question de watts) ni se faire aguicher par le sourire des vendeuses. Elles sont payées pour ça et souriraient de la même façon si elles devaient vendre de la bouillie aux chats de goûttière. Ensuite il faut se rapeller l'anecdote de Socrate se promenant au marché, parmi les étals et revenant chez lui, les mains vides, murmurant dans sa barbe: "Tant de choses dont je n'ai pas besoin".
Mais la leçon la plus importante, c'est quand même celle-ci: on jette tous les jours des produits à peine utilisés mais dont la prduction a necessité un travail, consommé des matières premières et de l'énergie et qui ont donc contribué à aggraver la pollution qui empoisonne la planète. Le contenu des poubelles de Manhattan pourrait nourrir des villes entières dans le Tiers Monde. Evidemment, un optimiste pourrait en conclure qu'il y a de l'espoir dans le recyclage, mais tout de même...
En tout cas, en cette période de l'année, la modération est de rigueur. Si la tentation est trop grande, rappelez vous ces lignes. Ce petit machin qu'on veut me fourguer à 99 euros...et s'il provenait de la poubelle la plus proche. Dans le doute, n'achetez rien. Offrez plutôt de l'amour, de l'amitié et de la bonne humeur !
Mais ne faites pas vos radasses quand même. Parce que moi,si quelqu'un s'avise de m'offrir du waloo , je peux vous dire que l'esprit de Noyel ne m'habitera pas longtemps. Papa a été vachement chouette sur ce coup :il a remplacé notre vieille télé toute moche de 20 ans, par un super bel écran plasma avec home cinéma, tout ça parce que je lui ai dit qu'on voulait se faire une soirée ciné avec les copines. Il mixe économie (on peut dire harpagonnerie. 20 ans, c'est pas des blagues) et jolie preuve d'amour (ça fait au moins 5 ans que ma mère et mon frère le tannent pour en changer. Héhéhé). Mon papa c'est trop un boss !En gros, faites ce que je dis pas ce que je fais (: !
Donc voilà, l'année scolaire côté 2006 s'est achevée aujourd'hui à 17h50. Le tiers de la terminale, ma toute dernière année à Paul Valéry (en théorie) s'est envolé pour toujours. C'est marrant, mais je n'arrive pas à m'en désoler. Je veux dire, je ne suis pas nostalgique ni rien, je n'ai pas spécialement envie d'y rester plus longtemps .Ce n'est pas tellement que j'ai hate de quitter ce bon vieux LPV. Je l'adore, mon lycée, j'y suis très bien , mais enfin, je sens que j'y ai fait mon temps. Il est temps que je parte, que j'aille voir ailleurs, d'autres gens, d'autres lieux. En seconde, j'avais l'impression d'être là pour l'éternité. Trois ans à l'internat, pour moi c'était toute une vie, et je m'en réjouissais, tellement j'ai immédiatement aimé cet endroit. Et voilà qu'on arrive quasiment au bout .Il reste encore 6 mois éprouvants, c'est vrai. Mais je sens qu'ils vont passer sans qu'on s'en rende compte (à part le bac,on va le sentir passer çuilà). Ca y est, un cycle s'achève, une jolie et agréable page de ma vie se tourne. J'ai beaucoup appris (par contre ma conjugaison a foutu le camp),énormément rit , parfois pleuré, rencontré des gens formidables, d'autres insuportables, j'ai mûri dans certains domaines, régressé dans quelques autres (sixe had ellila :p), j'ai compris à quoi servait un eye-liner, je me suis endjeulée avec l'AUTORITE, je me suis confrontée à moi-même à travers le regard pas toujours tendre des autres, et j'ai beaucoup changé .Mes années-lycée m'ont apporté des tas de choses, mais maintenant il est temps de sortir de la petite bulle bien cosy de Meknes-la-pustule et d'entrer dans le vaste monde. Ca ne sera surement pas toujours rose, je vais même peut-être sacrément en baver, mais bon. Il faut ce qu'il faut. Comme dit Mr P, maitre ès lieux communs, c'est en se rencontrant des gens nouveaux qu'on évolue et qu'on progresse. Et j'ai horreur de la stagnation. Donc énormes mercis Paul Va, je partirais pleine de tout ce que tu m'as apporté et tu ne me manqueras jamais.
C'est mignon tout ça, mais pour l'instant je suis encore là. Je ne m'en plains pas, notez. Je partirai quand ce sera l'heure .Quand je pense que ça ne devait être qu'une petite intro au post ! Je ne suis vraiment pas forte niveau concision .Ma prof d'anglais, dans un devoir qu'elle vient de nous rendre a même dit que c'était une honte de ne pas prendre la peine de synthétiser mon propos. Enfin en anglais quoi, un truc genre Ohhh, it's a shame, that you didn't pay attention to the compulsary number of words. J'ai fait 350 mots au lieu des 200 requis (n'empêche qu'elle a dit qu'au niveau langue, c'était très bien).
Enfin bref. Lundi soir, on dinaît avec nos professeurs. Je ne comprends pas ces gens pour qui automatiquement prof égale ennemi à détruire absolument. C'est idiot parce qu'ils ratent des tas de trucs enrichissants. On dit des tas de trucs débiles aussi, m'enfin c'est rigolu. A notre table, il y avait Mr Serra, le type le plus gentil et patient du monde , Mr P l'homme (là je ne dis pas "le type", parce que je ne tiens pas trop mourir à 17 ans) au sourire le plus canon et à l'accent le plus éclatant, et Mr C, l'homme le plus... adorable,sexy avec une barbe,marrant méchant .Donc c'était vachement chouette. C'est un truc de fou combien j'aime mes profs ! Le repas était composé des sempiternels truites de l'Atlas-Dinde-Pommes sautées (pas "chades")-bûche de Noyel, plutôt étouffe-chrétien d'ailleurs. Mais bon, le principal intêret de ce dîner ne résidant pas dans sa qualité culinaire, je ne vais pas trop m'apesantir là-dessus. Après le dîner, il y a eu le fameux spectacle des Terminales.C'était vraiment la totale surprise ! Alors qu'à la dernière (et seule ) répète entre midi et deux, c'était un fiasco pas possible, au moment décisif, tout a quasiment été parfait. On ne se rendait pas bien compte, puisque c'était la troisième fois qu'on voyait les mêmes sketches, mais c'était vraiment super drôle. En tout cas les gens ont trouvé ça extra. Quel bol de fou on a eu ! Bon il a un truc qui m'a énervé, c'est que je n'ai pas pu anoncer un truc comme je le voulais, et ça m'a foutu tellement en rogne que je me suis vengée sur Mr C en le faisant passer pour un rabat-joie aux yeux de toute l'assistance. Il n'est heureusement pas rancunier. Dans notre génération, certains feraient des travelos super crédibles , Mr P ne dira pas le contraire je pense ( : !On a terminé en chantant "Place des Grands Hommes", mais ce qui était sensé être le moment émouvant de la soirée a tourné à la farce quand on s'est aperçus que personne ou presque ne connaissait toutes les paroles. Je m'en suis sortie en imitant Chirac à la coupe du monde en ne faisant que remuer les lèvres, ou en éclatant de rire.
Le lendemain soir, c'était la soirée des externes. Là c'est plus simple à décrire, parce que c'est tout bêtement une boom. Comme d'hab un tas de gens étaient bourrés. C'était ridicule, parce que nos pauvres ploucs ne tiennent pas l'alcool et vont gerber au bout de deux verres de vodka. Je changerais sûrement une fois à Paris :) (Ouarit, I'm joking l'alcool c'est le MAL :p) , mais pour l'instant, je ne bois pas. J'ai donc passé toute la soirée à m'éclater sur la piste, en dansant comme une folle. J'adore danser ! J'avais les jambes explosées le lendemain, mais c'est pas grave.
Voilà. Pas la force de conclure .(ce post). Trois soirs de suite que je me couche bien après minuit, et ça risque de continuer, puisque demain, c'est soirée ciné et grignottage avec 4 de mes supers coupines Rita, Ghita, Zineb et Sarakace.
Au fait ! J'avais oublié cette foutue interro de géo. Foutue, c'est le terme. J'ai pondu un n'importe nawak inimaginable. J'ai fait un shéma que même un élève de CP il aurait eu honte de le faire. Et j'ai cité Coluche. J'espère que mon prof a de l'humour, sinon, c'est la bulle assurée.
Je déteste mes cheveux. Autant en seconde-première, je les aimais bien, autant maintenant, si je n'avais pas peur de faire trop "Sigourney Weaver", je les rasererai sans le moindre regret, dans l'espoir qu'en repoussant, ils ressemblent à autre chose que de la laine de fer. Cet été de piscine, de mer et de soleil les a complètement massacrés. Quand je me gratte le crâne, j'ai l'impression de passer la main dans une botte de paille, c'est affligeant. En plus ils n'ont pas de vraie couleur .Un vague marron-chocolat indéfinissable et ternes, ternes à se les arracher ! Et ne parlons pas des cheveux blancs. Avant c'était mignon, c'était curieux, il n'y en avait qu'un ou deux. Puis ils se sont multipliés, se sont propagés sur mon crâne comme une colonnie de rats. On dirait que je me suis fait faire des mèches. J'hallucine, j'ai 17 ans et les cheveux d'une grand-mère ! Quelle injustice ! En plus je me ruine en huile d'argan et masques en tout genres pour essayer de remédier à leur sécheresse, mais c'est comme de verser une tasse d'eau sur le sable. Ils absorbent tout, ces boit-sans-soif désespérants, une heure après un bain d'huile, ils reprennent leur aspect et leur texture de papier craft.
Bref. Lundi soir c'est la soirée de l'internat, avec le dîner des profs et le pestacle des terminales. Haha, c'est génial d'être en terminale, parce que maintenant, c'est nous qui faisons la loi .On place les profs qu'on veut avec qui on veut, et bien sûr, on en profite pour monopoliser nos chouchous. Notre table, ca se voit que c'est vraiment pistons et compagnie, parce qu'on est 4 élèves pour trois profs, alors qu'à d'autres tables, ils n'en ont même pas un seul. En plus, ce sont les plus aimés par tout le monde. Mais bon, on peut se permettre d'être égoistes, c'est notre dernière année, la dernière fois qu'on pourra dîner avec ces gens. Donc on ne se gêne pas.Et après le dîner, c'est toute la promo qui fait le clown pour amuser les plus petits de seconde-première, ces crétins qui vont nous remplacer.( j'arrive pas à croire qu'il y a un an à peine, j'étais moi même en première. Je n'assume pas). Cette année, et comme toujours avec notre promo maudite, ça va vraiment être casse-djeule. On n'a fait qu'une seule répète, et c'était un n'importe quoi, personne ne savait quand c'était à son tour de passer, y'avait pas de micro, pas de sono, pas de projo bref c'était le bordel. Mais bon, avec un petit coup de pouce du destin, ca devrait bien se passer. Puis le contenu est sympa. C'est toujours marrant de chambrer le personnel de l'internat, d'imiter les profs ... On se moque, mais très gentiment. Ca sera l'adieu de notre génération à des personnes qu'on a cotoiyé durant trois ans, un lieu où on a vécu des choses inoubliables, ça va faire pleurer dans les chaumières !
Avant ça il va falloir endurer le pensum de la semaine, à savoir deux heures de devoir de géographie sur , au chois, L'asie orientale, la mégalopole japonaise et les etats-unis. Je vais faire l'impasse sur les USA, donc priez qu'il y ait au moins 1 sujet sur ce que je vais réviser. Mon humeur pendant la soirée, et aussi un peu beaucoup ma vie, en dépendent. Parce que figurez vous que ma maman, d'habitude raisonnable, s'est mise en tête de me faire demander Louis le Grand comme prépa HEC. Je lui ai répété un milliard de fois que je n'ai aucune chance, avec 13.3 de moyenne en maths, mais elle n'a rien voulu écouter. Je n'ai pas le choix de toute façon. J'ai donc interêt à cartonner. Merci maman tu ne me mets absolument pas la pression là.
Au fait ,Al Pacino il déchire dans Le Marchand de Venise. Et je crève la dalle.

Bon le premier trimestre c'est déjà du passé. Et oui, mine de rien, cela fait déjà trois mois d'écoulés pour notre dernière année à Paul Va. Vu de ce côté ci de l'année scolaire, le bac blanc n'est déjà plus une inquiétante silhouette diluée dans les limbes du mois de février mais se rapproche et se précise de manière extrêmement inconfortable pour la tranquillité de mon esprit de glandeuse invétérée, mais non insconsciente. Tous les membres du corps enseignant ne se privent pas pour agiter, sombres oiseaux de mauvaise augure, l'inquiétante perspective du baccalauréat , obsédante épée de Damoclès flottant au dessus de nos têtes d'abrutis. Néanmoins, je peux affirmer sans me tromper que mes professeurs de physique et d'histoire-géo décrochent haut la main la palme du semage de psychose collective à propos du bac. Pour eux, en l'état actuel des choses, un bon quart de la classe risque de rempiler s'il ne se met pas sérieusement à bosser .Remarque ils n'ont pas tord de stresser tout le monde avec ça. Autant se prendre la baffe dans la djeule maintenant et réagir en conséquence plutôt que le jour J, ce qui est un peu beaucoup trop tard. Louable objectif donc, mais dont la réalisation butte sur l'obstacle de taille que constitue l'une des caractéristiques les plus gênantes des élèves de notre classe, à savoir l'irréalisme, ou plutôt l'insconscience. Comment qualifieriez-vous quelqu'un qui, ayant 2 tout rond de moyenne en spécialité Maths et pas loin de 8 en obligatoire s'obstine à vouloir "faire Ponts et Chaussées" ? Et que dire de celui qui connait le prénom de l'arrière grand-mère du Messi(e), la couleur des caleçons d'Eto'o et la date exacte du premier but de Ronaldhino en équipe "poussins" mais est incapable de pondre un shéma simplifié de la zone industrialo-portuaire de Pudong ?(...ouai bon. Mauvais exemple)
En fait, notre classe est l'archétype de l'hétérogénéité. On dirait que celui qui fait les classes, dans un moment de délire mégalomane s'est dit : "Je suis Dieu à Paul Valéry. Cette classe sera ma réalisation, mon oeuvre. Je la ferai à l'image de la Divine diversité du monde." Ainsi est-il. La "divine diversité" de ma classe, elle se voit d'abord, et prosaïquement, dans la répartition des élèves selon leurs notes. Alors que celle des autres classe suit le shéma classique d'une [mode j'utilise-des-termes-ronflants-pompés-sur-mon-prof-de maths ON:] courbe de Gauss [mode j'utilise-des-termes-ronflants-pompés-sur-mon-prof-de maths OFF], la notre ressemble à deux petites collines séparées par un vallon, le "ventre mou" . Etant moi-même l'un des bourrelets de ce bedon d'élèves moyens, je suis parfaitement à même de juger objectivement des chacuns des deux pôles antagonistes de la classe. La principale cause du fossé entre bons et moins bons réside, à mon humble avis d'observatrice indépendante, dans la quantité et la qualité du travail fourni. Je ne pense pas énoncer de vérité cachée en disant que, généralement quand on bosse, ça paie et qu'à contrario, quand on ne fout rien, on a beaucoup de chances de décrocher une sale note. Franchement je ne vois que ça. Dans notre classe , des gens bossent peu ou mal et se ramassent aux devoirs, quand d'autres travaillent intelligemment et/ou comme des nègres pour récolter un beau 20/20. Parce que ce qu'on nous demande en devoir, et même au bac, y'a vraiment pas besoin d'avoir inventé le fil à couper le beurre pour y arriver. Selon l'expression fétiche de mon prof de physique "le bac, c'est débile".Donc les gens qui foirent, n'étant pas des attardés mentaux, n'ont pas (dans la plupart des cas, les accidents n'étant pas exclus) d'excuses pour justifier des notes comme 4 ou 5.
Je connais une fille qui est dans un autre type d'excès . Elle travaille... comment dire ça ?...TOUT LE TEMPS. Et quand je dis ça, ce n'est pas une vue de l'esprit, tout le temps c'est tout le temps. Elle veille jusqu'à 2 voire 3 heures du maths le nez sur ses cahiers, elle se réveille à 5 heures pour bosser, elle bosse pendant les récrés, les heures de permanence, entre midi et deux... Je ne dis pas que ça ne porte pas ses fruits. Elle a de bonnes notes partout, les professeurs la citent en exemple, son dossier est betonné de partout . Mais à quel prix ?Avec un tel régime, elle a la vitalité d'un zombie, ne fait AUCUNE activité (j'entends par là autre que se torturer les méninges), n'a pas l'ombre d'une vie sociale , pleure tout le temps... Ce n'est pas une mauvaise fille à la base, mais son ambition lui a complètement perverti le coeur: elle souhaite ardemment non seulement "être la meilleure", mais aussi que nous, ses soi disants amies, rations notre vie. Nous avons beau lui dire que la réussite, c'est aux antipodes des résultats scolaires, que ce qui compte, ce qui est essentiel, c'est de rire, d'aimer, de voir des choses, d'avoir des amies , on dirait que nous parlons à un mur. Son but ultime dans la vie c'est, dans l'ordre, intégrer Sainte-Geneviève, faire Polytechnique, gagner des tas de sous et nous employer comme personnel de maison chez elle. J'ai pas ses notes, c'est vrai. Mais pas non plus sa rancoeur et sa noirceur d'âme.
L'excès inverse, beaucoup plus sympathique, n'en est pas moins tout aussi inscrit dans cette logique d'auto-destruction inconsciente. Oui, on les aime bien, ces cancres drôles à la main abondamment poilue. Mais s'ils veulent faire une CPGE ou quoi que ce d'autre il faut bien fournir un minimum de travail. Rien ne tombe du ciel tout prêt, sauf la pluie. Rien n'est offert sur un plateau d'argent. Seuls les génies n'ont pas besoin de travailler. Et dans ma classe, je n'en connais qu'un seul. Et encore fournit il un travail régulier, bien que light.
Je ne veux surtout pas jouer les moralisatrices et m'ériger en modèle à suivre. Surtout pas malheureux ! Je constate, c'est tout. Si j'admets mes faiblesses, je refuse aussi de couler sans me battre , et je bosse pour compenser mes points faibles. Mais de manière raisonnable, pour avoir le temps de profiter de la vie, qui n'est pas -en tout cas pour moi- parmi les equations différencielles et les nombres complexes. Je veux quand même réussir ma vie professionelle, et je veux m'en donner les moyens. Mais ma vie ne sera pas faite que de ça. Je veux rire avec mes amis, voyager de par le monde, sans cesse apprendre de nouvelles choses... Et ce bac , c'est une des conditions sinequanon pour pouvoir réaliser tout ça.
Bref bref. Je ne pensais pas faire ici un mini-conseil de classe, mais ma main m'a emportée. A part ça, et sans transition, j'ai une méga interro de maths de trois heures mercredi aprèm. Sur tout le programme depuis le début de l'année. J'ai aussi une explication d'un extrait de Phédon de Platon à rendre pour jeudi en philo. J'ai un texte d'arabe à lire et à résumer. J'ai une petite interro de géographie lundi .Et en plus, je dois préparer un truc pour la soirée des internes de la semaine d'après. C'est du boulot. Mais quand on aime ce qu'on fait, qu'on a vrai objectif de vie (Mr P, je ne vous remercierai jamais assez), on ne se laisse pas décourager par le boulot, de même qu'on ne se laisse pas ensevelir non plus.
Enfin bon je vais crever quand même, vu que je comprends que pouic aux complexes mais bon.
Peace hein ?
PS: est-ce que quelqu'un connait un nommé Ernst Lubitch ?(pardon si nom écorché)
Aujourd'hui c'était l'ouverture de la 6ème édition du Festival International du Film de Marrackech, le bien nommé, puisqu'il se déroule à Marrackech. En plus le programme de cette année est excellent. Roman Polansky est le président du jury, et ils vont passer le nouveau Scorcese en avant première. Il y a des tas de stars et on peut les approcher de près ! Le hic, c'est que ces connards d'organisateurs ont interdit l'entrée des salles aux moins de 18 ans, donc je ne peux pas y aller.
Mort aux cons !
Avertissement au lecteur (et précaution nécessaire) : le récit qui va suivre est une pure fiction : toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes ayant déjà existé serait purement accidentelle. Toute coïncidence avec la réalité ne serait conséquemment en aucun cas passible de grognerie ou de bouderie .
(interlude informatif (lalala)-les *** sont là pour préserver la vie privée de ma victime, et accessoirement, la mienne, ladite victime ne rechignant pas à user des poings lorsqu'on l'énerve -fin de l'interlude informatif)
En l'an de grâce 197* dans la riante province de Bretagne, naissait, dans un bourg de moindre importance du nom de Saint- M****, un beau nourisson gros, rose et gras. Ce petit garçon, premier-né d'une importante fratrie de deux enfants, eut le malheur de naître prématurément . Ses parents, pris au dépourvu par l'irruption du petit bonhomme aussi tôt dans leur vie,n'avaient pas encore pris le temps de se concerter pour décider du nom de baptème de leur enfant (c'étaient des cathos pur jus de Christ). Dans l'urgence, ils l'affublèrent du charmant prénom d'Antoine-Erwann-Gourmaelon-Tonga-Kermadec, qui devint plus tard, pour lus de commodités, Antoine tout court (sur patte, à l'époque). AEG deTK, comme nous l'apellerons pour l'instant, grandit donc dans la joie et l'insouciance. Son enfance fut une période paisible et, pour tout vous dire, assez ennuyeuse. Le seul incident notable qui marqua sa première décade fut la tentative avortée d'assassinat de son petit frère, dont il était affreusement jaloux. Il profita de ce que sa mère-grand bretonne (Pirates!) mettait à dorer de bretonnes galettes pour ses jeunes gringalets de petits-enfants pour enfourner le berceau de l'importun . Antoine avait mal calculé son coup, ayant gravement sous-estimé la puissance des cordes vocales de cet encombrant amas de chairs qu'on lui présentait comme son frère. Le hurlement strident que poussa le bébé alerta la mamie, qui le sauva des flammes et adminstra force taloches à son sournois aîné, qui se le tint pour dit et n'essaya plus jamais (du moins aussi ouvertement) d'attenter à la vie de son frangin.
Au lycée, Antoine était un petit crack. Il était le chef de sa bande d'intellos de copains. Ils s'étaient eux-même baptisés les Teflon Tony boys. Antoine, féru d'ésotérisme et en réaction contre sa famille de cathos bondieuniaiseux (chacun sa rebellité, hein ?) créa cette société secrete dont il était le commandeur (tant qu'à faire) . Il était assez facile d'en faire partie, il suffisait de posséder un solide égo et d'ambitionner de devenir tout au moins, chef suprême de l'Univers. Les membres se réunissaient au fond d'un bois et dansaient nus sous le clair de lune apprenaient par coeur de longs passage du "Prince" de Machiavel, sous la protection bienveillante de posters de Gina Lollobrigida, Brigitte Bardot, Françoise Hardy et Jacques Chirac, leurs idoles d'alors . Au fond de son coeur, Antoine méprisait les honneurs pompeux et projettait modestement de présider aux destinées de sa patrie. Il brûlait d'intégrer l'IEP de Paris, car il savait que c'était la voie royale des futurs arnaqueurs dirigeants de la France. Pour s'entrainer à ses futures fonctions, il dissolut son groupe et s'entraîna à mentir à ses parents pour leur faire gober ses manquements répétés au réglement de la maison. Un exemple illustre fort bien l'habileté qu'il développa à cette époque. Pour ses parents, les Rolling Stones et Mick Jagger en particulier, avec son déhanché provocateur, sa lippe boudeuse,n'étaient rien d'autre qu'un effroyable groupe satanique. Or Antoine, qui s'était longtemps cherché musicalement (Cloclo, Eddy Mitchell...), s'était entiché des Stones. Satisfaction, en particulier, le mettait en transe. Il projetait même, une fois parvenu à se hisser à l'Elysée, d'en faire le nouvel hymne national, reléguant cette bonne vieille Marseillaise ringarde aux oubliettes . Il mentit une première fois pour pouvoir assister à un de leurs concerts. Après s'être bien éclaté, avoir dragué des filles, fûmé deux-trois pêtards avec ses copains, Antoine, comme tout les adolescents, eût très faim. Et comme tous les adolescents, il décida de s'offrir son plat préféré d'alors, le plus fin, le plus gouteux, le plus raffiné, et passa donc au MacDo des Champs Elysées (Antoine croyait beaucoup aux signes). Lui et ses copains remplirent un plein sac de Double-cheese, Big-Ultra-Mac et autres perles gastronomiques et s'aprêtèrent à casser la croûte .Mais la quiétude de cette soirée allait être troublée par une bande de méchantes cailleras qui volèrent le sac et son précieux contenu. N'écoutant que son courage (et accessoirement son estomac), Antoine lança les siens à la poursuite du butin. (Taïaut, que trépasse si je faiblis !ect ect) .La rixe qui s'ensuivit fut mémorable. A côté, la guerre des gangs de West Side Story, c'est Martine à la campagne. Antoine en sait quelque chose, il s'est récolté une beigne en pleine djeule, et a vu 36 chandelles. Pour se venger, Antoine vola sa montre à cette brute épaisse. Mais il l'a jetée car ce n'était pas une Rolex (en fait , cette anecdote était sensée illustrer les talents de baratineur d'Antoine. Mais finalement, ça me saoule donc on s'arrête là. Benrahallat aurait été plus approprié).
Les années passèrent, et Antoine grandit et mûrit. Il réussit magnifiquement le concours de Science-Po Paris, et passa 5 années à se cultiver et devenir plus interessant. Ces 5 années le transformèrent radicalement. Culinairement d'abord. Finies les cochonneries américaines, son estomac n'ingurgitait désormais que des macarons Ladurée, du café cubain du Flore, des chocolats Dalloyeau , du foie gras à la truffe noire du Périgord et des litres de Saint-Emillion. Vestimentairement ensuite. Lui qui était accro au baggy et au sweat zippé se tourna vers les chemises Hermes, les petits pulls en cachemire , les ceintures en cuir de vachette brossée, les costumes Amrani (et cette fichue veste toute moche en lin à incinérer absolument)... Musicalement, il aima The Cure, Mozart et Julien Clerc, mais ne se guérit jamais de sa passion pour le vieux Schmoll (Antoine a de légères tendances à la schizophrénie, mais il se soigne). Filmiquement, lui qui adulait Bruce Lee se mit à ne jurer que par "Le Chien Andalou". Il publia un article dans le Monde qui déclencha à lui tout seul une croisade contre les IUFM (chai toujours pas ce que c'est. Ca a un rapport avec les profs). Bref, Antoine passa du stade "Antoine" au stade "Mr C".Des témoins racontent que celui-ci aurait eu une aventure avec la fille caché (à l'époque on cherchait encore) de Miterrand. Mazarine aurait (dit-on) craqué pour la verve de Mr C. Le connaissant maintenant, je pense qu'elle a plutôt été attirée par sa barbe. Mr C est à lui tout seul une réclame vivante pour le port de la barbe. (les responsables marketing des talibans devraient l'engager pour leur promo. Comme dit ma copine Ouarit, "ça le sexifie à un point inimaginable"). Non parce que mettons nous d'accord, "verve" c'est quand tu parles sans faire "Heuu...donc heuuuu, l'Asie orientale euhhh a connu heuuu, un heuuu (zzzz)" , n'est-ce pas? Oui? Alors non, je confirme, la verve n'est pas la qualité number one de Mr C. L'anglais non plus . Il parle anglais comme...comme un français, tiens !Je crois qu'il a le pire accent que j'aie jamais entendu, excepté celui de ma prof d'anglais.(some pipole, i startid, wat di inglich fore ?). Et Italien, à part Andiamo !, il n'y a pas grand chose à tirer de lui.
Comment ai-je connu Mr C, puisqu'apparament il ne fréquente que du beau monde ?Facile, c'est mon prof. Eh oui, Mr C est professeur (agrégé, s'il vous plait!) à Paul Valéry, Meknes-la-pustule, Maroc . Comment at'il attéri ici ? L'Elysée est à 2000km , Mr C! Enfin, ce n'est pas étonnant, il n'a jamais eu le sens de l'orientation. Il fallait le voir lors du voyage scolaire à Rome à 3heures du matin, à tourner dans la ville déserte à la recherche de là où on devait dormir. Ah ça, Mr C n'a pas fait HEC, ce n'est pas un boss en organisation. Ou alors ce mot a un tout autre sens dans son léxique perso. Un truc genre: "s'arranger pour faire de n'importe quelle situation une catastrophe potentielle". Ca oui, il maitrise. S'amener à l'aéroport à 15 min du décollage, ce genre de trucs un peu kamikaze, mais qui ont permi un voyage plein de rebondissements éclatants, ça ne lui pose aucun problème.
Donc je connais un tout petit petit petit peu Mr C. Mr C est amateur de tennis. Il déteste Federer, car il est persuadé que ce n'est qu'un petit naze, et que LUI joue mille fois mieux. C'est pour ça qu'il taquine sans cesse ma copine suisse Rita (avouez que cette histoire d'abandon d'OIB n'est qu'une couverture). Il est aussi un fanatique inconditionnel de rugby, mais là, c'est plutot un fan non-pratiquant, parce qu'on ne peut pas vraiment le confondre avec Christophe Dominici. Bon, c'est de sa faute, d'abord il fume, et puis c'est un grand stressé de la vie. Il se ronge les sangs pour tout et n'importe quoi : le voyage en France à organiser, son ryad tout beau tout neuf, son ex qui se marie avec un banquier ect... C'est un cercle vicieux, parce que plus il stresse, plus il fume, moins il fait de sport, et moins il peut se défouler. Mr C est également sourd, mais il est important de préciser que c'est une surdité "sélective". Les trucs qu'il considère comme dangereux de prendre en compte, il les zappe purement et simplement. Remarque , des fois je me demande si son système de sélection ne bugge pas : ma copine Zineb, qui est la moins susceptible de lacher des trucs débiles, c'est celle qu'il n'entend jamais. Bon des fois quand c'est vraimen trop gros , nos conneries, il secoue la tête d'un air navré et pousse un gros soupir accompagné d'un :"Mais vous n'êtes pas bien dans vos têtes". Inutile de dire que c'est sans effet sur la mitraillette à conneries en laquelle nous nous transformons à son contact. Avant son ambition , c'était de devenir président de la république Française. Maintenant, c'est de quitter Meknes pour échapper à un gang de dangereuses terroristes harceleuses dont je suis. Nos armes de sappe :les "Mr C****** Mr C****** "! (variante exclusivement mienne: le "Moooosieuuuur"), criés d'une voie geignarde à longueur de journée. Sans blague, ça doit donner des cauchemards quand même. Imagine, dès qu'il rentre au lycée, dans sa petite Twingo noire (NB: c'est un radin) toute mimi, il est assailli par une nuée piaillante de "chipies de 4ème" (surnom à changer please Mr C).
Mais enfin, il cherche son malheur, avec cette faculté unique qu'il a de supporter sans se plaindre les aggressions physiques et mentale de ma copine Ouarit. Et il est tellement gentil ,tu vois, quand tu lui parle, tu as l'impression d'être à côté d'un calorifère en plein blizzard. Si en plus il est marrant, que demande le peuple ? (que demandait B******?). C'est trop un boss, Mr C. Le personnage suscite bien des convoitises, de par son inexplicable charisme. De curieux rites sont même constatés depuis peu à l'abord des lieux où il passe . Les spécialistes ont apellé ça les rites "cala
guiques". (Et mince, je dérive un peu trop vers le dithyrambe, moi qui m'étais jurée de balancer la brosse à reluire à la poubelle. C'pas marrant les gentillesses !) .
Mr C est un peu maso, il s'échine à organiser un super beau voyage pour une classe d'apaches qui ne comprennent pas les choses comme vous et moi, c'est à dire de manière raisonnable. Mais pour une fois il a fait preuve d'un peu de discernement en emmenant le prof le plus doué d'autorité naturelle de Paul Va. M'enfin c'était quand même une question de vie ou de mort.Mr C refuse de comprendre que le "hum, hum, eh les gars, va falloir penser à se calmer, là", c'est pour les gens qui ont un peu plus que deux mois d'âge mental. Imaginez une classe pareille lâchée à Paris ! Mais tout le mondre foutrait le camp dès la sortie de l'aéroport, se débrouillerait une carte de séjour et irait s'éclater dans les bars .La réaction de Mr C serait quelque chose entre la crise cardiaque et le suicide .Mais là non, il reviendra sain et sauf.
Bref bref. Mr C, on pourrait en faire un personnage de roman. Et c'est pour ça qu'on l'aime.
La suite dans 3 ans, quand on aura à nouveau collecté assez d'info sur ça vie perso pour en faire un post, parce que mine de rien, ce n'est pas un bavard, l'animal.
Yeah Mr C, ne prenez rien mal surtout :)